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 A la guerre comme en amour, tous les coups sont permis

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Nicolas de Merville
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MessageSujet: A la guerre comme en amour, tous les coups sont permis   Mar 20 Oct - 23:19


- Maman, quel est ce beau jeune homme près du buffet ?
- Il s’agit de Nicolas, le jeune frère de Sylvain de Merville et le fils cadet du marquis de Merville
- Je le trouve fort plaisant à regarder et charmant. Fait-il parti de la liste de mes prétendants ? 
- Allons ! Cessez vos enfantillages, ma fille ! Nicolas n’est pas un homme pour vous. Ni même un homme à se marier
- Pourquoi dites-vous cela ?
- Nicolas de Merville, encore qu’il soit d’une prestance charmante, n’ouvre jamais la bouche avant qu’il n’ait calculé tout le mal qu’il pourrait causer. 
- Alors pourquoi le recevez-vous, maman ? 
- Tout le monde le reçoit. 

Un sourire étira mes lèvres tandis que je prenais une gorgée du contenu de mon verre. Bien que je ne les regardais pas et semblais ne rien entendre de la conversation, j’écoutais attentivement chaque mot qui sortait de la bouche de madame et mademoiselle de Roussel sans qu’elles ne s’en doutent un seul instant. 

Je fis mine de jeter un regard circulaire à la pièce tandis qu’un fin sourire à peine perceptible vint se loger au coin de mes lèvres en entendant les derniers mots de madame de Roussel. Intérieurement, j’étais près à éclater de rire. Ah ! Ces aristocrates et leur besoin de toujours faire comme tout le monde ! C’était tellement ridicule que ça en devenait risible !

Tranquillement et sans laisser rien paraître, j’écoutai toujours.

- Cet homme est un libertin fini qui n’a d’autre loisir qu’atteindre la vertu des femmes. Il n’a point d’autre occupations. Ne vous approchez pas de lui, ma fille. Et ne vous laissez pas séduire par ses yeux verts !

Oh ! Etait-ce de la provocation, chère madame ? Mais c’est trop d’honneur que de faire chavirer le cœur de votre fille chérie qui avait quoi ? à peine quinze ans. Je tournai doucement la tête vers elle et fit mine de seulement les apercevoir. Dans un geste poli, j’inclinai légèrement la tête pour les saluer avec un sourire qui avait tout ce qu’il a de plus formel. Du moins en apparence…

Plutôt jolie à voir, mademoiselle de Roussel était une jeune fille blonde à l’air écervelée avec une poitrine assez imposante et des hanches prononcées. Mes yeux s’attardèrent un instant sur son décolleté généreux. Pas mal ! Maigre, la petite fille ressemblait à une poupée de porcelaine avec ses joues légèrement rosées, son visage couvert de poudre blanche et ses lèvres pulpeuses colorée de rouge à lèvre. 

A peine eussé-je croisé son regard, l’enfant qu’elle était s’empourpra, baissant légèrement les yeux au sol avant de les relever timidement vers les miens. Hmm… Sa mère n’avait vraiment aucune crainte à avoir… Mademoiselle de Roussel n’était pas une proie pour moi. Trop facile ! Quelques mots doux bien placés, quelques attentions et elle se serait retrouvée dans mon lit vite fait bien fait ! Non, rien de tel pour moi. 

Néanmoins, madame de Roussel capta mon regard sur les seins de sa fille et me jeta des yeux scandalisés et haineux. Je ne me gênai pas pour la fixer avec arrogance. Elle voulait jouer à ce petit jeu avec moi ? Et bien soit ! Le perdant serait celui qui baisserait les yeux en premier.
Et ce ne fut pas moi. Avec une démarche outrée et coincée, la mégère emporta sa fille plus loin. Un petit rire s’échappa de ma bouche avant que je ne jette un coup d’œil à la salle.

Une femme s’approcha de moi et posa délicatement ses doigts sur mon avant bras. Je tournais la tête et la découvris. 
Des boucles brunes cascadant dans son dos, un visage à peine maquillé, elle était d’une simplicité touchante. Son châle sur les épaules cachait ce que sa robe dépourvue de toute fanfreluche aurait souhaité me laisser voir. 

- Vous aurais-je effrayé, monsieur ? fit-elle d’une parfaite innocence.
- Non, rassurez-vous, madame, répondis-je avec une sincérité et douceur déconcertante.

Tendrement, elle me sourit. Délicatement, je m’emparais de sa main et lui fis un délicat baisemain. Quand je redressai le buste, je vis ses yeux pétiller d’un amour qu’elle ne pouvait me cacher.

- Votre présence me comble de bonheur, madame, fis-je avec un sourire radieux. Aurais-je la chance de passer un peu de temps avec vous ?
- Monsieur… Je ne suis ici qu’uniquement parce qu’il aurait été impoli de refuser une invitation venant d’amis que j’apprécie. 
- Pourquoi alors être venue à ma rencontre si vous n’aviez pas voulu me voir ?
- Parce que je…
- Est-ce pour jouer avec mes sentiments ? Me faire espérer que vous m’aimez alors qu’il n’en est rien ? la coupai-je sans le moindre scrupule.
- En aucune façon, je n’ai…
- Me détesteriez-vous ? Mais sans doute avez-vous trop peur de me l’avouer. Je vous prie de me le dire tout de suite. Ainsi, ma mort sera rapide bien que douloureuse.

Elle resta un instant bouleversée, ne sachant que dire. Intérieurement, je jubilais. Cette femme mariée et mère de surcroit était le modèle parfait de la femme de la bonne société, obéissant à la morale avec une extrême rigueur. Et pourtant, j’avais réussi à la faire tomber amoureuse de moi. Même si elle ne se l’était pas encore avouée, cela ne saurait tarder. Bientôt, elle se retrouvera dans ma couche. Comme toutes les autres. 
Elle ouvrit la bouche pour protester mais je l’en empêchai.

- Ne dites rien ! J’ai compris la dure réalité que vous vous apprêtez à me dire. Vous ne souhaitez pas que notre relation aille plus loin qu’une simple amitié. Cependant… je ne peux l’accepter. Ce serait aller à l’encontre de mes sentiments et vous mentir. 
- Monsieur, essayez de me comprendre ! Je n’ai aucunement souhaitez vous causer de la peine. Je…
- Mais vous l’avez fait ! Votre amitié me blesse. Je vous aime beaucoup trop pour que je parvienne à m’en contenter.

Ses yeux s’embuèrent tandis que ses lèvres frémirent. Je l’avais touchée. Mon apparente détresse l’avait émue et la faisait culpabiliser. Intérieurement, j’en riais. C’était si facile de les faire céder de leur plein gré et de leur retirer tout moyen de se défendre.
Baissant la tête, elle remit en place son châle avant de s’éloigner vers les portes qui donnaient sur le jardin, feignant avoir besoin de prendre l’air. Je la laissai faire et restai près du buffet. 

Plus loin, je vis mon bon à rien de frère, Sylvain. Il discutait tranquillement avec quelques invités, dont des femmes à qui il tenta de faire la cour. Celles-ci gloussèrent, croyant qu’il le faisait par plaisanterie. Un sourire moqueur au coin des lèvres, je portai mon verre à ma bouche. Quel idiot ! Lui, être un séducteur ? Ben voyons ! Et moi, je suis encore puceau ! 

D’ailleurs… en parlant de mon frère… C’était son anniversaire ce soir. Tous les nobles renommés, amis ou non, avaient été conviés pour célébrer les vingt-quatre ans de Sylvain. Si ça n’avait tenu qu’à moi, je n’aurais pas été présent. Pourquoi l’aurais-je été en sachant pertinemment que j’allais m’y ennuyer ? Cependant, la perspective de faire enrager mon frère en provoquant un esclandre me consolait un peu. Malheureusement, pour l’instant, je n’avais pas encore trouvé l’occasion de le faire. Quoi que… 
Aller rejoindre le petit groupe de femme et les faire s’intéresser à moi plutôt qu’à mon aîné risquait d’être follement drôle ! Rien que d’imaginer sa tête me faisait mourir de rire ! 

J’allais m’exécuter quand on annonça l’arrivée d’une invitée.

- Mesdames ! Messieurs ! Roxane de Beauville !

Ce nom m’intrigua. J’avais déjà entendu parler de cette jeune femme. Et dans plusieurs bouches. On racontait qu’elle était la femme la plus belle de Paris. Voire même de France. La rumeur disait qu’elle aurait été dans un couvent et qu’elle aurait été renvoyée pour avoir séduit un prêtre. La bonne blague ! Même moi je ne m’étais pas amusé à faire ça avec une sœur. Même si la provocation aurait été des plus délectable et cela aurait été ma plus grande affaire en matière de libertinage, je n’étais pas intéressé. Aucune d’entre elles n’étaient suffisamment belle pour me tenter. Ou alors elle était bien trop niaise pour que j’en trouve un quelconque intérêt. 

On disait également que cette nouvelle au sein de l’aristocratie parisienne aurait eu plusieurs amants. Tous les hommes semblaient être à ses pieds et lui tournaient autour comme des insectes attirés par la lumière. Je trouvais ça amusant qu’une femme aussi jeune ait autant de succès auprès des hommes. Et affreusement tentant de la faire tomber dans son propre piège ! 
Oh combien cela allait être une vraie partie de plaisir ce jeu de conquête avec elle ! Car, pour sûr, cela n’allait pas être facile de la faire céder ! Oh que non ! Et ça en rendait la chose d’autant plus attrayante !

C’est alors qu’elle apparut, fière et droite, dans sa magnifique robe qui la mettait soigneusement en valeur. Tous les regards étaient braqués sur elle. Et en particulier le mien…


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MessageSujet: Re: A la guerre comme en amour, tous les coups sont permis   Dim 19 Fév - 22:21

J'observai mon reflet dans la glace pendant que mes femmes de chambre s'obstinaient à me coiffer. Il faut dire que je ne leur rendais pas la tache aisée. J'avais toujours mon mot à dire et n'hésitais pas à les faire recommencer. Coiffer des cheveux n'étaient pas si compliqué quand même! Surtout les miens! C'est ainsi qu'en plus de les presser, je les obligeai à profiter de leur douceur et de leur éclat. Au bout d'un moment, je soupirai, retirai leurs arrangements et laissai mes cheveux tomber le long de mon corps.

-Dégagez et pour vous rendre utile, cherchez ma nourrice qui doit m'apporter une nouvelle robe.
-Mais mademoiselle, Madame a expressément exiger que vous portiez cette robe ce soir.
-Et bien allez par la même occasion répliquer à ma chère cousine que je suis une Lucini avant d'être une Beauville et que de ce fait, elle ne pourra jamais comprendre le prix de la Beauté et de la Grâce. Les parisiennes ne connaissent décidément rien à la mode et à la perfection. C'est décourageant...

Les femmes de chambre sortirent et ma nourrice entra peu après. Je souris et accouru vers elle. Gentiment, elle caressa mon visage et me sourit.

-L'as-tu?
-Oui demoiselle, j'ai ta robe.

Ravie, je la vis sortir un paquet de derrière son dos et lui pris des mains sans plus attendre. Je l'ouvris et un éclatant sourire s'afficha sur mon visage déjà si étincelant. Je saisi ma petite merveille et la fit tournoyer avec moi.

-Je suppose qu'être en retard ne te préoccupe pas.

Je regardai ma nourrice et lui sourit. Evidemment que non, bien au contraire.

-As-tu un cadeau pour l'homme dont tu vas fêter l'anniversaire?
-Je suis un cadeau à moi toute seule.

Sans plus attendre je la pressai de m'aider à enfiler ma tenue. J'observai dans la glace et tentai d'imaginer une coiffure novatrice et osée, dans la grâce et dans le tempérament de tout mon caractère. Ce n'était pas là chose aisée mais je finis par ordonner à ma tante de laisser mes cheveux détachés et de ne prendre que quelques mèches pour y mettre des décorations. Elle me regarda.

-Es-tu sûre? Ce n'est certainement pas le plus convenable.
-Crois moi... Ca plaira...

Elle n'insista pas et fit ce que je lui ordonnai. Délicatement, je mis une de mes mèche sur mon épaule dénudée et me maquillai. Je modifiai encore un peu la coiffure et quand j'eus terminé observai la finalité. Le miroir me dévoila, dans toute ma splendeur.
Ma taille fine était révélé par une robe dont le bustier épousait mes formes avec délectation. Raffinée, le bas de la robe suivait mes gracieux mouvements, donnant à mes pas la légèreté et la grâce des ballerines. La couleur bleue de ma tenue assortie à mes yeux ne les rendaient que plus intenses. Le maquillage que j'y avais déposé prenait soin de les rendre encore bien plus profonds et mystérieux qu'à l'ordinaire. Mes cheveux, dont la plus grande longueur était détachée, arrivait jusqu'au bas de mon dos, avec des jolies boucles à leur extrémité. Quelques mèches que j'avais pris soin de sortir des pinces ornées de perles nacrées que je possédais rendaient une aura sauvage, indomptable.
Oui, j'étais parfaite. Aussi envoûtante que l'océan, aussi indomptable et sauvage. Ce soir je serai la sirène parmi les thons et je n'aurais aucun scrupule à chanter pour attirer les marins à moi, même les plus imprenables... Avant de les laisser s'enfoncer dans les eaux profondes et mystérieuses, pour les laisser s'échouer sur la rive. Je tournoyais sur moi même en souriant.

-Narcissique Roxane?

Je tournai ma tête vers ma nourrice et m'approchai d'une démarche enfantine avant de déposer un baiser espiègle sur ses lèvres.

-Je ne fait qu'apprécier une oeuvre d'art.

Elle leva les yeux au ciel, ayant l'habitude de mon caractère et me laissa partir.
Dans ma voiture, j'observai Paris s'étendre sous mes yeux. Après quelques minutes je finis par arriver. Tout en entrant dans le château, je rassemblai ce que je savais de cette famille. Sylvain, qui avait son anniversaire, était d'après ce qu'on me disait, sous les ailes de son papa chéri. Je grimaçai. Le cadet en revanche,  était de mes sources le plus grand libertin de Paris, voir de France. J'allais voir ça de moi même... Cela risquait d'être amusant. Pourquoi ne pas le faire tomber et le faire courir derrière moi? Je souris à cette idée et arrivai devant les portes principales qui s'ouvrirent à mon nom. Un rapide coup d'oeil sur l'assemblée présente me fit comprendre que je n'aurai, comme d'habitude, aucun mal à me démarquer. Ce soir, je serai la perfection à l'état pur, inégalée et insaisissable.
Ma confiance entière, je descendis les marches et m'avançai vers Sylvain avec la prestance d'une reine. Oui c'est ça... Regardez moi... Aimez moi et surtout jalousez moi tout en me désirant le plus cruellement possible. Fière et droite, je faisais jouer mes charmes sans aucune difficulté.
Je fis une révérence avec l'élégance même et m'excusa de mots délectables auprès de ce Sylvain qui n'avait pas grand charme par ailleurs. Je saluais ses parents présents à ses côtés et la musique repris, laissant le temps qui s'était figé l'espace d'un instant reprendre sa place et animé à nouveau ce petit monde.  


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Nicolas de Merville
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MessageSujet: Re: A la guerre comme en amour, tous les coups sont permis   Lun 20 Fév - 0:19


Mes yeux ne la quittèrent pas un instant alors qu’elle s’avançait fièrement parmi la foule dans toute sa beauté sauvage. Une beauté comme je n’en avais jamais vu. Et Dieu sait combien j’ai vu des femmes magnifiques. Mais elle… Elle, c’était différent.

Elle devait avoir quoi… Douze ans, pas plus. Et pourtant elle avait tout de la prestance d’une femme dans toute sa maturité et sa beauté dévastatrice. Même si au fond, elle restait une enfant comparée à l’homme de dix-neuf ans – presque vingt – que j’étais, mes yeux masculins la voyaient comme une femme accomplie. Une femme-enfant, voilà ce qu’elle était.

Ses seins, bien qu’un peu petits – de toute manière ils avaient tout le temps de se développer encore –, était parfaitement à mon goût. Ses hanches fines s’avéraient tout à fait à croquer. Un cou gracile suivait des épaules étroites. Son petit nez avait tout ce qu’il y avait de plus mignon. Et ses lèvres !

Dès que mes yeux s’y attardèrent, j’oubliai tout le reste. Elles étaient d’un rouge écarlate et paraissaient si délicieusement douces et sucrées. Je me sentais irrésistiblement attiré pas ses lèvres si minces et à l’apparence si tendre.

Pour être honnête, j’étais attiré par toute sa personne. De la racine de ses fins cheveux châtains à la grâce de ses mollets en passant par son arrogance naturelle et sa fierté démesurée. Sans oublier ses yeux de la profondeur et du mystère de l’océan.

Un violent sentiment de possession s’empara de moi. Mais pas seulement. Il y avait un désir indescriptible qui parcourut tout mon corps. Un désir comme je n’en avais jamais ressenti. Et qui me donna la désagréable impression de me retrouver au bord d’un gouffre. Il suffirait d’un peu pour que je bascule dans le vide.

Pour que cela n’arrive pas et que je ne perde pas pied, je pris une gorgée du contenu de mon verre. Je dus le vider pour que je reprenne contenance. Puis je le posai sur la table du buffet, ayant retrouvé mes moyens.

La Demoiselle s’approchait de mon frère qui discutait encore avec des femmes. Ne voulant absolument pas qu’elle passe plus d’une seconde seule en sa compagnie je m’apprêtais à aller à sa rencontre. Au même instant, mon père, accompagné de ma mère, fit ce que je comptais faire. Mes parents et Sylvain saluèrent la Belle. J’émis un grognement rageur. Comme toujours, mon géniteur et mon stupide aîné avaient le chic de tout gâcher.

Et comme si ça ne suffisait pas, mon père sembla me chercher du regard en grommelant. Et je n’eus aucun mal à entendre ses paroles.

- Où est donc cet enfant incapable ? Nicolas !


Bien que mon visage n’affichait aucune contrariété, intérieurement, l’énervement était bien présent. Ma mère me repéra et n’eut aucun mal à voir mon état d’esprit. D‘un regard, elle m’incita au calme. J’émis un soupir. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais déjà donné un bon coup de poing en pleine figure de mon père. Il n’y avait que ma mère qui était capable de me raisonner et de se faire écouter par moi. Elle était la seule, avec ma tante, avec qui je m’entendais et qui me comprenait. Sans doute plus que ma tante. Ce qui n’est pas peu dire. Sans compter que nous étions unis dans la haine que nous portions envers mon père et mon frère. Pourquoi haïssait-elle son propre fils ? Elle ne me l’a jamais vraiment dit. Sans doute était-ce qu’elle n’a jamais souhaité le mettre au monde contrairement à moi. Je n’ai jamais trouvé d’autres explications et je n’ai jamais cherché à savoir plus de peur de la blesser.

Contrairement à moi, ma mère, Cécile, est toujours parvenue à contrôler sa haine et à ne pas la laisser dominer. Comme elle venait d’en faire la preuve ce soir.
Je fermais les poings quelques instants le temps de me calmer. Puis je m’avançais vers le petit groupe dans toute mon arrogance et de toute l’aura provocatrice dont j’étais capable. Et le tout avec un petit sourire en coin que ni mon père ni mon frère ne remarquèrent.

- Vous m’avez appelé… père ? fis-je avec un ton des plus ironiques.

Que cet idiot n’eut pas la présence d’esprit de capter. Même mon frère le remarqua. Pour dire la stupidité de l’individu… Ce dernier se désintéressa de moi pour s’adresser à la Belle.

- Roxane de Beauville, je vous présente la honte de notre famille, Nicolas de Merville.


Je faillis en rire. La honte de la famille ? Rien que ça ! Ainsi donc, mon père voulait voir si j’étais capable de lui tenir tête en public ? Et bien, il n’allait pas être déçu.
Je mimais un splendide bâillement en cachant ma bouche d’une main.

- Est-ce tout père ? Ce n’est pas que je m’ennuie mais je ne voudrais surtout pas vous importuner par ma présence. De plus, comme vous le dites si souvent, la stupidité est contagieuse. Je ne voudrais pas non plus être contaminé en restant trop longtemps à discuter avec vous.

En voyant le visage de mon père virer au rouge, j’eus un sourire goguenard parfaitement visible de tous. Que ça faisait du bien de déclarer ouvertement, et en présence d’invités de surcroits, que son père n’est qu’un stupide bonhomme sans intérêt. Cela me vaudrait très probablement des coups de fouet quand plus personne ne serait là mais la tentation avait été trop grande pour que j’y résiste. Sans compter que je n’étais plus à une zébrure dans le dos près et qu’il ne fallait pas vraiment une raison particulière pour que mon bon à rien de père me bâte.
Je délaissai mon géniteur pour me concentrer sur une autre cible : Sylvain.

- Ah mais au fait, frangin ! J’avais oublié, c’est ton anniversaire !

La chose qui ne risquait pas de me sortir de la tête… Tous les ans, mon frère et mon père faisait tout un remue-ménage !
Je m’approchai de Sylvain et sortis de ma poche un paquet cadeau que je lui mis en main.

- C’est pour toi, grand frère. Joyeux anniversaire.

Je lui fis une tape faussement amicale sur l’épaule pendant qu’il me regardait d’un air interrogateur. Ne semblant pas voir de menace dans mon attitude, il se mit à l’ouvrir. Alors qu’il s’exécutait, je me tournai vers celle qui serait mon plus grand projet. Je fis une révérence exagérée, en sachant pertinemment qu’elle n’y serait pas sensible pour un sou.

- Enchanté de faire votre connaissance, mademoiselle de Beauville, fis-je.

Et pour pousser plus loin, je lui fis un baisemain. Sans poser les lèvres sur sa main. Je ne voulais pas la déshonorer. Du moins, pas encore. Il était encore beaucoup trop tôt pour ça.
Mais je venais d’ouvrir les hostilités. Une façon plus ou moins subtile de lui faire savoir que je comptais la posséder. Si elle était véritablement une libertine, elle comprendrait le message.

- Vous êtes la perfection même, ajoutai-je dans un petit sourire.

Je me redressai sans quitter ses yeux avec cette lueur d’arrogance qui me caractérisait. Au même moment, j’entendis un bruit de tissu être jeté au sol. Mon sourire s’élargit. Sylvain venait de découvrir mon magnifique cadeau : une chaussette sale avec un gros trou au niveau du talon. Un présent qui lui seyait à merveille, n’est-ce pas ?
L’ayant deviné, je réceptionnai dans ma paume le poing qu’il s’apprêtait à me flanquer.

- Allons, Sylvain, tu ne voudrais pas provoquer un scandale. Pas vrai ?

J’eus un énorme sourire moqueur à l’adresse de mon frère qui avait le visage déformé par la fureur.


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MessageSujet: Re: A la guerre comme en amour, tous les coups sont permis   Lun 20 Fév - 0:42

Je discutais avec ce Sylvain De Merville qui avait son anniversaire ce soir. Un léger charme, bien qu'un nez disproportionné en comparaison des yeux. Un certain charme à vrai dire. Mais ça s'arrêtait là. Sans compter que cet homme était un parfait crétin. Aucune conversation, aucun style, aucune classe, des discours répétés et connus. Mentalement, je m'amusai même à devancer ce qu'il allait dire. Le pire, c'est que je ne tombais jamais à côté. Il était si prévoyant, c'était navrant.
Néanmoins, je semblai lui plaire et cette idée suffisait à me faire rester quelques secondes de plus. Surtout que ce n'était pas lui qui allait m'avoir.
Finalement, je me lassai. Je n'écoutai que légèrement la question, répondant un oui ou non par-ci par-là. Un perroquet aurait certainement été mon meilleur ami en cet instant précis. Je n'avais tout de même pas passé tout ce temps à me préparer pour si peu! C'était ridicule!
Je regardai un peu l'assemblée présente. Je connaissais déjà quelques visages. Des yeux, je triai les gens qu'il me faudrait éviter le reste de la soirée et ceux que j'aborderai certainement. Mais aucun, non aucun ne reflétait ce que je désirais avidement: un compagnon de jeu: une chasse... Je voulais m'amuser dans toute ma splendeur, rivaliser de beauté avec toute ces potiches écervelées. A bien y réfléchir pouvais-je vraiment appeler ça rivaliser? Non... Il n'y avait même pas de quoi chercher à rivaliser. J'étais au-dessus depuis longtemps déjà.

Alors que j'observai ce petit monde, mes yeux s'arrêtèrent sur un jeune homme installé près du buffet un verre à la main. Si je ne lui adressai qu'un vague regard, je devais reconnaître qu'il semblait parfait pour jouer à mes côtés. Beau, grand... Du linge de qualité en somme. Ce qui me troubla le plus chez lui fut ses yeux émeraudes qui me promettaient quelque chose d'ardent, d'arrogant.
Je souris finement. C'était un véritable dieu et les dieux... pouvaient se permettre de me côtoyer. Cela risquait d'être amusant.
Alors que j'allais dire au revoir, c'est les parents de Sylvain qui arrivèrent. Décidément, je n'avais pas beaucoup de chance pour l'instant. Néanmoins j'avais tout le temps qu'il me fallait afin de me rattraper. A cette idée je me tournais vers les nouveaux arrivants pour leur adresser mon plus charmant sourire. Si le père était un imbécile né, la mère me fit un meilleur effet. Je l'appréciais. J'avais l'impression que gisait en elle quelque chose qui me ressemblait et cette idée me confortait.

Où est donc cet enfant incapable? Nicolas!

Si le ton me surprit un peu je fus encore plus étonné de voir mon dieu avançait vers notre petit groupe. Evidemment je n'en montrai rien mais je ne me privai pas d'en profiter pour mieux l'observer. Je distinguais des muscles que j'aurais bien caresser dans une certaine intimité au niveau de ses bras. Ses cheveux lui arrivaient jusqu'aux épaules, ondulés et mettaient ses yeux en avant. Il semblait vigoureux, prétentieux et incroyablement bon au lit. Oh oui, je me ferai un véritable plaisir de le tester un jour et ce bel étalon se retrouverait à mes pieds comme les autres. Cependant, je me souvins aussi qu'on le disait le plus grand prédateur de tout Paris voir même de France.
C'est ce qu'on allait voir...

J'assistai à leur querelle de famille, patiente, me délectant de sa voix qui était toute aussi charmante que le reste de son corps. La honte de la famille? Mon Dieu si cette conversation avait eu un intérêt pour moi je ne me serai pas faite prier bien longtemps pour rappeler à cet homme disgracieux comme c'est pas permis que son fils et lui ne devaient pas former un bien grand prestige à cette famille.
J'observai Nicolas donné un cadeau d'anniversaire à son frère. Je regardai un peu, silencieuse et bon bel étalon m'adressa enfin. Ce n'était pas trop tôt. Je me sentais presque vexée d'arriver si tard dans la conversation et dans ses salutations. Une chose de plus à lui faire payer. Je le laissai faire sa révérence exagéré et haussai un sourcil. Une chose était sûre, il me connaissait ou au moins ma réputation. Je retirai ma main simplement, le regard épris d'un ennui mortel et l'observai. Le jeu serait peut être plus marrant ainsi mais surtout pour lui. Car s'il allait pouvoir inventer des tactiques afin de me conquérir, je n'aurai qu'à les repousser et ça, c'était lourd. Il n'y avait rien de charmant là-dedans.

-Vous êtes déjà en retard.

Une façon de dire qu'il était déjà bien à la traîne dans sa mission coloniale sur mon être si parfait.
Je lui lançai un regard ennuyé et déçu avant qu'il ne réceptionne le poing de son frère dans sa main.

-Au moins c'était un cadeau original...

Un dernier soupir et je fis une révérence aux deux individus avant d' aller vers le buffet pour me prendre un verre. Je le portai délicatement à mes lèvres et savourai le doux breuvage. Je devrais sans doute me contenter de ça pour cette nuit. C'est ma cousine qui allait être ravie, elle qui craignait à chaque seconde que j'apporte un peu plus la honte sous son toit.
Qu'elle était loin mon Italie et comme elle me manquait... Les fêtes là-bas était au moins animées. Je laissai une légère moue s'afficher sur mon visage.

-Roxane!

Je tournai ma tête à la direction de mon nom. Nouveau soupire. Il s'agissait de l'un de mes amants. Au moins, j'aurais un petit toutou de cirque pour me divertir et surtout... Me servir. A peine fut-il arriver je ne le laissai pas adresser un seul mot.

-J'ai faim.

Sans plus attendre, il s'en alla me chercher à manger et je m'adossai à une colonne de marbre. Qu'est-ce que j'avais envie de partir! Moi qui m'étais attendu à un véritable jeu de chasse, ou un compagnon de jeu à la rigueur de la part de ce Nicolas, me voilà qui me retrouvait avec un prétendant de plus. Déception quand tu nous gagne. J'observai mon dieu perdre son halo de lumière et devenir un simple mortel se fondant dans la masse.


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MessageSujet: Re: A la guerre comme en amour, tous les coups sont permis   Lun 20 Fév - 0:49


La Belle me regarda avec ennui et retira sa main de la mienne avec un certain dédain. Ainsi donc elle me repoussait ? Aurais-je dû m’attendre à autre chose ? Bien sûr que non ! Sinon, j’aurais été immédiatement désintéressé. Et franchement déçu. Mais là… je devais avouer qu’elle m’avait véritablement mis en appétit.

Un appétit féroce que je n’avais encore jamais ressenti. Je la voulais ! Je voulais qu’elle soit à moi. Et rien qu’à moi. Elle succomberait à mes charmes ! Je l’ai décidé et il en serait ainsi. Qu’elle le veuille ou non, je la conduirai dans mes bras. Elle viendra me manger dans la main, comme une louve sauvage qu’on parvient à dompter en la mettant en confiance et en lui offrant tout simplement ce qu’elle désire.

Oui, la Sauvage m’appartiendrait. Je le décrète ! Elle sera ma possession ! A moi seul ! Personne n’aura la permission de poser ne serait-ce le doigt sur elle ! On ne touche pas à la propriété de quelqu’un sans permission… Et je ne la donnerai pas.

En cet instant, j’étais un lion qui guettait sa proie. Et qui s’imaginait déjà avoir le fruit de sa chasse.
Je la regardai s’éloigner, laissant mon père et Sylvain vociférer dans le vide. Pour moi, ils étaient à des milliers de kilomètre. Tout comme tous ces gens qui roucoulaient stupidement entre eux. Il n’y avait qu’elle que je voyais. Elle dans toute sa beauté. Et elle était d’autant plus adorable à regarder dans son ennui et son exaspération.

J’eus un léger sourire un coin. Un sourire empli d’envie et de désir. Pour un peu, je me lècherai les babines.

Soudain, une main se posa sur mon épaule, me faisant légèrement sursauter et cassant la magie du moment. Je tournai la tête vers la personne qui se tenait dernière moi, prêt à l’envoyer balader comme je savais si bien le faire. Mais je retins en découvrant ma mère qui avait un regard étrange. Un mélange d’amusement et… d’indulgence ? C’était difficile à décrire. Je ne lui avais jamais vu pareille expression.

- Oui, mère ?
- Je ne t’avais encore jamais vu dans cet état.

Je ne répondis rien. De toute manière, qu’avais-je à dire ?

- Cette jeune fille est hors du commun. Elle me ressemble un peu. Alors je peux t’affirmer que ça ne sera pas chose facile. Et pas qu’un peu. Tu vas devoir t’accrocher si tu veux vraiment l’avoir. Mais j’imagine que tu as les tripes pour une femme telle que mademoiselle de Beauville, n’est-ce pas ?

Je me sentis légèrement vexé par l’insinuation.

- Allons mère, vous me connaissez ? Plus une femme…
- Te résiste plus tu t’accroches, je le sais. Mais je voulais juste te le rappeler.

Pendant quelques instants, je restai silencieux à la regarder s’éloigner de moi. Puis, intérieurement, je me mis à rire. Ainsi donc elle m’incitait à foncer et à posséder Roxane. Mais mère… vous n’avez pas besoin de me pousser. J’étais déjà prêt à sauter.
Ma proie s’était adossée à une colonne. Un sourire en coin, je me servi un verre et, tranquillement, je m’adossai à côté de ma Sauvage.

Je pris une simple gorgée de ma boisson, fixant tranquillement le vide face à moi. Puis un petit sourire en coin s’afficha. Et toujours sans la regarder. Et je dois avouer que ce fut une expérience des plus ardues. Comment s’empêcher de contempler pareille femme ? Mais étrangement, j’y parvins.

Vous vous demandez comment, un homme tel que moi qui n’est pas du genre à ignorer ses pulsions arrive ainsi à résister à une aussi vive attraction ? Excellente question. Je ne connais pas moi-même la réponse.

Oh et puis ! Qu’importe ! Je n’avais qu’à me laisser aller. De toute manière, avec elle, la sincérité primait. Dans ce cas, je serai sincère. Et… étrangement, je savais déjà que ça me ferait un bien fou. Etre sincère… Je ne l’ai jamais été avec quiconque. Hormis ma mère et ma tante. Et maintenant Elle. Ma Sauvage… Ma Roxane. C’est ce qu’elle était : Ma Roxane.

Ça m’était venu si naturellement l’idée d’être honnête… Et pas seulement dans le simple but de la posséder. Juste parce que j’avais envie d’être simplement moi. Etre son égal en quelque sorte.

- Dites-moi… Combien d’hommes avez-vous fait flancher ? Je suis assez curieux… De combien d’hommes une femme aussi jeune que vous parvient-elle à avoir le cœur ?


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Roxane Lucini

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MessageSujet: Re: A la guerre comme en amour, tous les coups sont permis   Lun 20 Fév - 0:57

Comme toujours dans ce petit monde, j'observai. Oui, j'observais attentivement afin de prévoir chaque coup, chaque bataille, chaque victoire. Je ne laissais pas de place à la pitié. C'était une guerre, et mon épée ne me quittait jamais, toujours prête à être brandie, à massacrer, à croiser le fer. J'aimais croiser le fer, aussi bien en amour que dans une réalité physique. J'avais eu pour maître le meilleur maître d'arme que l'on puisse trouver et même si rien dans mon apparence le laissait présager, j'étais bien plus douée que la plupart de mes semblables qui se trouvaient dans cette salle. Oh oui... Bien plus douée... A certain moment je voyais des personnes avancer vers moi et c'est sans plus attendre qu'elles se montraient fières d'avoir fait la guerre. Mais pour qui donc me prenaient-ils tous? Je n'étais pas du genre à soupirer à leur pied en écoutant des histoires sanglantes quand même! Je supposais que cela se voyait mais apparemment, je me trompais. Une moue de déception se dessina sur mes lèvres. Ces hommes là étaient de ceux qui avaient tendance à m'énerver, toujours là à vanter leur soi disant muscles alors que la moitié du temps ils ne savaient sans servir ou si peu. Que n'aurais je donné pour un petit duel contre ces grandes bouches et quel plaisir j'aurais eu à les ridiculiser! Mais sur moi, point d'épée et je guettais avec impatience le moment où je pourrai agir et montrer qui je suis vraiment.

Alors que je venais d'envoyer une de mes conquêtes chercher de quoi me restaurer, je m'adossai à une colonne trônant dans la salle, me demandant ce que je faisais encore ici. J'étais venue voir ce fameux libertin, cet homme qu'aucune femme n'avait réussi à conquérir. Cet étalon sauvage et impétueux, arrogant mais si bien bâti. Au moins je n'étais pas le seul beau linge de la soirée. C'était une chose bien rare par ailleurs. Cette idée me consola quelque peu.
Mon Prince de l'arrogance s'adossa contre la colonne que j'occupais à son tour. Il sirotait la boisson contenue dans son verre et semblait ne m'accorder aucune attention. J'en fus satisfaite. Il se contenais, ferait en sorte que la chasse soit faite à deux. Ainsi nous nous retrouverons chasseur et gibier chacun notre tour, voir chasseurs tous les deux, prêt à tirer sur l'autre au moindre faux mouvement de notre congénère. La question qu'il me prononça me fit légèrement sourire. Oui, il savait qui j'étais enfin... il savait que j'avais des conquêtes du moins, car pour la suite, toutes les rumeurs dont je formais le centre étaient si contradictoires! Mlle De Beauville? Il me semble qu'elle a grandi dans un couvent mais elle en a été viré pour une raison que l' on ignore. Bien sûr que si nous le savons, elle réussi à séduire un prêtre. Mais non, elle n'a jamais été dans un couvent! Elle était en Italie pour ses études. Mais non elle a fait ses études en France.
Quoi qu'il en soit je m'en délectais, personne ne détenais la vérité sur moi et c'était un jeu que je m'efforçais de préserver. Pas parce que cela nuirait à ma réputation, bien au contraire, simplement parce que cela m'amusait au plus haut point. Un peu d'artifice en ce bas monde ne pouvait pas faire de mal. Une délicieuse créature telle que moi pouvait bien susciter quelques mystères inéluctables non? Ainsi, j'étais arrivée dans le beau monde parisien comme une fleur. J'avais germé au milieu d'eux et ils s'étaient tous retournés sur mes pétales, mais aussi mes épines.

La question de mon bel étalon me fit sourire. J'y réfléchis un instant, comptant soigneusement le nombre de mes conquêtes. J'en vins finalement à une conclusion:

-Pour mon jeune âge, comme vous dîtes, certainement moins que vous... En revanche, ma marchandise est de bien meilleure qualité que la vôtre.


Une riposte de sa part? Je m'attendais à tout. Mon visage se tourna vers le sien et je lui souris mystérieusement. Il n'était pas question que je dévoile quoi que se soit de toute évidence. Un petit accent italien adoucit et fit chanter mes paroles:

-Et vous cher Mr De Merville? Qu'est-ce qui peut bien vous faire croire que vous allez pouvoir disposer de moi à votre guise? Je me demande quel sort vous me réservez. Sans doute rien de bien glorieux...


Et il était tout à fait hors de question que je lui laisse le loisir de ne serait-ce que poser ses lèvres sur les miennes, à moins d'un amusement quelconque. Je ne cèderai pas, mon regard le lui disait avec force et intensité. J'étais un océan indomptable et farouche... une sirène des profondeurs se plaisant à chanter et à couler les naufragés. Nicolas... Vous n'êtes pas si différent des autres mis à part votre arrogance et votre beauté. Mais cela ne suffit pas à m'avoir. Car dans l'arrogance, nous sommes à égalité et mon attitude vous l'a sûrement laissé présager. Je gagne toujours et oh combien j'allais vous le faire savoir. Vous voyez ses lèvres, ses lèvres que vous semblez apprécié, ma taille fine,mes yeux, mon corps? Vous n'aurez rien. Pas une miette... Et je ne serais satisfaite que lorsque vous en deviendrez fou au point de m'imaginer à vos côtés à chaque instant de votre vie et jusque dans chacun de vos rêves. Vos partenaires auront dans une hallucination mon visage et vous prierez le ciel que cela soit vrai.

Je la narguais de toute ma prestance, de toute ma propre arrogance, jusqu'à mon maintient. Et pourtant mon corps appelait aux caresses, aux baisers. Vous m'imaginez dans vos bras, nue, contre votre corps? Me voyez-vous glisser mes mains sur votre corps empli d'un désir fougueux, embrasser vos lèvres prises d'un besoin impérieux sur les miennes, nos deux corps se mêler l'un à l'autre dans des soupirs que vous et moi n'avez jamais connu?
Vous n'aurez rien de tout ça si ce n'est dans vos rêves...

-Eh bien monsieur... que me racontez vous sur la vie parisienne. J'avoue ne pas être revenue depuis longtemps. Je doute même de reconnaître les rues de la ville.

Un sourire se fraya un passage sur mes lèvres:

-Et vous êtes de loin le meilleur guide que je puisse trouver, j'en suis certaine. Sans compter qu'il n'y a qu'à votre bras que je me verrai visiter.


Dernière édition par Roxane Lucini le Lun 20 Fév - 12:39, édité 1 fois
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Nicolas de Merville
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MessageSujet: Re: A la guerre comme en amour, tous les coups sont permis   Lun 20 Fév - 1:00


Je ne pus m'empêcher d'avoir un petit sourire en coin à la réponse de la demoiselle. Ou plutôt la non réponse. Et la petite pique qu'elle me lança était des plus charmantes et allait parfaitement dans l'intégrité de sa personne. Cassante ! Et impertinente ! Tout ce qui me faisait saliver. Pour un peu je me serais lécher les babines. Et son petit accent italien se montrait à croquer ! En vérité, tout en elle me donnait l'effroyable envie de la manger toute crue ! Mais n'était-ce pas déjà inscrit sur mon programme ?

En tous les cas, le jeu était engagé. L'un comme l'autre allions nous mettre à l'épreuve, tenter de toucher et couler l'adversaire pour obtenir une victoire parfaite ! Et je compte bien gagner la partie, petite femme-enfant ! Tu seras à moi ! Et rien qu'à moi ! Tu m'appartiendras et céderas comme toutes les autres. Tu peux compter là-dessus ! Jamais je ne déclarerai forfait et m'avouerai vaincu !

Personne n'est jamais parvenu à me faire la moindre blessure et encore moins m'asséner le coup fatal. Et ce n'est certainement pas toi, ma Sauvage, qui y parviendra ! Bientôt, tu ne penseras qu'à moi, ne désireras que moi. Tu me supplieras pour une étreinte, un baiser ou simplement plonger tes yeux océan dans mes iris émeraudes.

- Oh je ne doute pas un instant que votre marchandise soit de la plus haute qualité, déclarai-je d'un ton badin.

En répondant de la sorte, je ne la contredisais mais je ne lui donnais pas entièrement raison. Et ce de façon subtile. S'était-elle imaginé que sa pique me vexerait ? Allons donc ! Je savais parfaitement ce que je valais. Je n'avais besoin de personne ni de quoi que ce soit pour le prouver. Et de plus... il en fallait beaucoup plus pour me vexer.

Un fin sourire étira mes lèvres en voyant l'intensité de son regard. Un regard imperturbable qui en disait long à mes yeux. Elle comptait simplement me mettre à genoux. Comme elle le faisait avec tous ses prétendants, me faisant savoir qu'elle ne comptait absolument pas me laisser gagner. Je connaissais ce regard car j'avais le même. Et il s'affichait en cet instant même.

Qu'est-ce qui me faisait bien croire que j'allais pouvoir disposer d'elle à ma guise ? Ah ! Petite Roxane ! Même si tu as la prestance et l'aura d'une femme accomplie, tu restes une enfant qui aime à faire des caprices, hurler et taper du pied quand tu es contrariée ou pour obtenir ce que tu désires. Mais avec moi ça ne marchera pas. Je ne suis pas homme à céder aux caprices d'une femme. Alors ceux d'une petite fille...

- Pour la même raison qui vous fait croire que vous parviendrez à me faire sombrer : je gagne toujours.

Une déclaration de guerre sans équivoque. Et je ne doutais pas un instant qu'elle répondrait au défi que je lui lançais. Elle ne pouvait faire autrement. Surtout à un défi si ouvertement déclaré. Sa fierté ne pouvait que l'y forcer. Mais si elle venait à refuser, je serais vite fixé et elle perdrait tout l'intérêt que je lui avais accordé. Elle ne serait qu'une gamine, rien de plus. Au même titre que cette mademoiselle de Roussel qui suivait et obéissait à sa mère comme un petit chien le ferait pour satisfaire son maître. Elle ne vaudrait pas mieux qu'un clébard

A présent, la balle était dans son camp. A elle d'orienter le tir.

Je la regardai un instant alors qu'elle me demandait de lui faire visiter Paris. « Revenue » ? Ben voyons ! Elle n'a jamais été à Paris auparavant. Cela se voyait à des kilomètres ! Du moins, à mes yeux. Ou alors si elle y avait été c'était à sa naissance ou sa prime enfance. En tout cas pas assez longtemps pour qu'elle puisse déblatérez un tel discours. En vue de son accent, je dirai qu'elle a grandi en Italie. Et à en juger sa tenue et sa grâce, elle avait sûrement dû avoir un éducation digne d'une princesse.

Je l'observai un instant avant de répondre à sa requête.

- Oh vous savez ! La vie parisienne se résume simplement. Ragots, faire-valoirs, complots, coups de couteau dans le dos, médisances, radotages. Et encore je suis gentil. Je pourrais aussi évoquer les caractères coincés et faussement prudes.

J'eus un sourire énigmatique.

- Mais si ça ne vous fait pas fuir, je consentirai volontiers à vous faire visiter ma précieuse ville natale. Le théâtre, ainsi que l'opéra, sont sans aucun doute les lieux que j'apprécie le plus.

Et ainsi commença notre jeu mortel !
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