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 Trahison et déception

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Nicolas de Merville
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MessageSujet: Trahison et déception   Mar 20 Oct - 23:07


La nuit venait de tomber, offrant à la Nouvelle-Orléans son doux manteau noir constellé d'étoiles scintillantes. Me sentant émergé de mon sommeil vampirique, j'ouvris lentement les yeux. Le lieu où je me trouvais était vide. Hormis une tombe en pierre qui se situait au centre de la pièce. Si on peut appeler "pièce" l'intérieur d'un caveau. La poussière s'amoncelait tandis que dans certain recoin étaient truffés de toiles d'araignées. D'ailleurs, je pouvais voir une de ces bestioles remonter le long d'un mur.

Pour ma part j'étais assis sur le sol, le dos contre un des murs du caveau. Je baissai les yeux pour découvrir Victor, étendu avec la tête sur une de mes cuisses. Il dormait encore. Avec un sourire attendri, je lui caressai le front, écartant une de ses mèches blondes. Qu'il était beau et adorable ainsi ! Il semblait si innocent et fragile avec ses traits d'ange et enfantin ! Du bout des doigts je dessinai le contour de son visage tout en le contemplant avec tendresse.

Victor était enfin à moi ! Après des semaines d'observation et d'hésitation, j'avais pris ma décision ! Je l'avais transformé et désormais il serait à mes côtés et ceux de Roxane et Jack. Même s'il est vrai qu'au départ cela risquait d'être un peu tendu à cause des réticences - injustifiées, à mes yeux - de ma femme et de mon Sire, les trois allaient forcément s'apprécier. Avec quelqu'un comme Victor, ça ne pouvait être autrement, n'est-ce pas ? Et pourtant... Oui une brève seconde, j'eus comme un très mauvais pressentiment. Cependant, je le chassai très vite de mes pensées pour me concentrer sur mon tout nouvel Infant.

Cela faisait trois jours que nous étions dans ce caveau. Trois jours durant lesquels j'avais été à ses côtés, l'aidant par ma présence à supporter la souffrance de la transformation. Doucement, il ouvrit ses yeux et je lui accordais un sourire radieux.
-  Bonsoir Victor.
Mon sourire s'élargit alors que je lui caressai à nouveau le visage.
-  Tu as soif n'est-ce pas ?



Je passai le pas de la porte. La maison que Roxane, Jack et moi-même avions achetée était grande et sublime. Nous avions des domestiques et tout le luxe que nous voulions. Victor se tenait derrière moi, l'air à la fois morose et furieux. J'eus un sourire moqueur à son égard. Quand je le voyais avec cette expression, je ne pouvais que réagir de la sorte. Il était si comique avec les sourcils froncés et cette soit-disant lueur dans le regard.

La raison de sa colère ? Oh ! Je venais juste de l'inciter à prendre une victime. Et il n'avait pas du tout aimer l'idée de tuer quelqu'un. Et il avait réagi de la même manière que moi avec Jack ! Il avait cherché à me faire mal physiquement en me tabassant et me crachant à la figure tout un tas d'injures. Mais bien évidemment, je l'avais maîtriser comme un rien, en me moquant de sa réaction. Une réaction à laquelle je ne m'attendais pas vraiment. J'avais vu une profonde haine dans son regard. Une chose qui au fond me blessa, même si je ne l'avouerai pas. N'avais-je pas donné le choix à Victor ? Ce choix que je n'avais pas eu quand Jack m'avait fait vampire ? Il n'aurait pas dû avoir une telle réaction. Non, il n'aurait pas dû. Il avait choisi d'être un vampire. Pourquoi m'en voudrait-il ?

Ah peu importe ! Il s'habituera à tuer comme un bon vampire ! Ne l'avais-je pas fait ?

Accompagné de Victor, j'entrais dans la maison. Passant devant le grand salon, je vis Roxane, assise sur le canapé avec un livre en main. Gracieuse, elle tournait les pages de ses doigts fins. Mon cœur battit la chamade en la voyant toujours aussi belle. Pendant ces trois jours, elle m'avait tant manqué ! L'absence de son parfum, la douceur de ses lèvres sur moi et son regard océan avait été un petit supplice. Et maintenant, je pouvais enfin les retrouver.

Mettant en plan Victor, j'entrai dans le salon et m'assit à côté d'elle, glissant une main autour de sa taille et en embrassant le creux de son cou.


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Roxane Lucini

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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Dim 19 Fév - 22:28

Trois jours... Cela faisait trois jours que Nicolas était parti. Toutefois, je ne m'inquiétais pas, sachant exactement où il était ou au moins à peu près, mais surtout avec qui il était. Pour cette raison je restai assise sur le canapé, tentant vainement de rester calme alors qu'une tempête monumentale s'acharnait à l'intérieur de moi.
Je posai le bouquin, rageusement et vit Jack me suivre du regard alors que je disparaissais dans la chambre que j'occupais avec Nicolas. Je fermai la porte, jetai un rapide coup d’œil au lit et me dirigeai vers l'armoire. Je l'ouvris et observai les vêtements de Nicolas, soigneusement rangés aux côtés des miens. Rapidement, je retirai les siens et les jetai dans une autre pièce, me contre fichant de l'état dans lequel il allait les récupérer. Je pris même soin de les froisser, voir d'en déchirer certains. La pièce que j'octroyais désormais à mon cher mari était petite et hideuse. On y respirait l'humidité et j'avais même déjà aperçu quelques rats s'y engouffrer. Je fermai les volets, afin de ne pas le tuer... Du moins pour l'instant. J'observai les vêtements éparpillés au sol. Cela ne suffirait pas. Je retournai dans MA chambre et pris toutes les affaires de mon époux. Encombrement, encombrement, encombrement et je me doutais bien qu'il allait falloir inviter un nouveau venu. Conséquence, je remplissais mon rôle de femme afin de faire un peu de place pour que notre invité si attendu puisse se sentir comme chez lui. Sans un mot, je balançai tout ce qui appartenait à Nicolas par la fenêtre. Il y avait de tout : livres, accessoires, souvenirs... Plus rien n'avait sa place ici. Ce n'était toujours pas suffisant. J'observai le lis et allai chercher une scie dans l'un de nos hangar. Avec férocité, je le sciai en deux, mettant une des moitiés sur les vêtements de Nicolas qui gisaient toujours au sol. Mon côté ne servant plus à rien, je le jetai par la fenêtre aussi et remontai un de mes vieux cercueils.

Après une profonde expiration qui ne me servait à rien en vue de ma condition de vampire, je rangeai la pièce que j'occuperai désormais seule. Après tout, si des envies me venaient, j'avais toujours ma main non ? Il n'y avait donc pas de problème. Quant au nouveau venu, j'avais fait une chambre rien que pour lui le soir même de la « disparition » de Nicolas.
C'était une petite chambre également. J'avais moi même confectionné une niche géante, aussi longue qu'un cercueil pour un homme d'environ 1m90 en longueur. Le nom de Victor s'y affichait et j'avais même déposé une petite gamelle à côté, en argent s'il vous plaît, et y avait vidé quelques rats.
Une armoire était disposée contre un mur. J'y avais glissé de vieilles tenues que Nicolas ne mettait plus. De la générosité ? Non... De l'humiliation à mes yeux.
Je sortis de ma chambre après m'être recoiffée joliment et m'étais installée sur le canapé, reprenant ma lecture là où je l'avais arrêté. Il s'agissait d'un pavé assez conséquent.
Les heures passèrent et j'entendis deux personnes entrer. Le parfum de Nicolas pénétra la pièce et il apparût dans le salon. Je ne lui adressai pas un regard. Alors que je tournai une nouvelle page de mon roman faussement passionnant, il se mit à mes côtés et m'entoura la taille d'une main, m'embrassant dans le cou en même temps.

Je grimaçai et restai de glace, me redressant, lui imposant une froideur sans égale, presque effrayante.

« Tu pues la merde de chien. Dégage de là. »

Je sentis ses yeux se poser sur moi avec incompréhension, incompréhension qui prit soin de m'énerver encore un peu plus.

« J'ai dit dégage ! »

Je me levai brutalement et lui balançai mon pavé dans la figure, me délectant de la fracture du nez que je venais de lui imposer sous le coup que je lui avais porté. Il tomba au sol et je plongeai mon regard dans le sien. Il n'avait plus rien de ce qu'il connaissait. Nicolas ne pouvait plus y lire d'amour ou quoi que se soit qui lui aurait montré un minimum de sentiment. Il n'y régnait que colère, déception et haine.
Sans plus attendre je passai à côté de lui et observai Victor. Je m'approchai doucement e tournai autour de lui, le regardant, l'évaluant. Des cheveux blonds, des yeux clairs. Il aurait pu être mignon, si je l'avais jugé ainsi mais c'était bien tout le contraire. Je voyais sa faiblesse, sa mélancolie, l'ennui qu'il allait installé dans la maison. Si j'avais été humaine, j'aurais certainement vomis sur ses chaussures boueuses, sorties du cimetière.

« Inutile que je m'interroge sur la provenance de cette odeur nauséabonde... Un chien ou au moins quelque chose qui y ressemble vient de faire irruption ici. »

Je tournai un regard vers Nicolas.

« Qu'est-ce que tu croyais... Qu'on allait se faire la lecture à tour de rôle, chasser en rigolant tous ensemble ? »

Un léger rictus moqueur sortit de ma gorge.

« Ce que tu as ramené c'est de la merde... De la vermine... Et la vermine... N'a rien à faire dans cette maison »


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Nicolas de Merville
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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Dim 19 Fév - 22:36


« Tu pues la merde de chien. Dégage de là. »

Non seulement les mots étaient agressifs, cassants et secs mais le ton également. C'était la première fois qu'elle me parlait de cette manière. Sa voix vibrait de haine et de colère. Une colère que je ne lui avais jamais vue.

Qu'est-ce qui lui arrivait ? Pourquoi réagissait-elle de la sorte ? Et à cause de quoi ? Je devais avouer que j'étais dans le flou total. Je ne comprenais absolument pas son attitude et le regard qu'elle me jeta ensuite m'indiqua que j'aurais dû le savoir. Sauf qu'en cet instant, je ne voyais absolument pas ce qui aurait pu la mettre dans un pareil état.

J'allais lui poser la question quand elle me repoussa une deuxième fois. Bon... Mieux valait que je n'insiste pas... ça n'aurait fait qu'empirer les choses... N'empêche que j'aurais aimé savoir la cause de sa crise. Surtout que, connaissant Roxane, c'était rarement pour quelque chose d'insignifiant. Je dus me mordre légèrement la langue pour me retenir de poser les questions qui brûlaient de sortir de ma bouche. Je voulais savoir, moi ! C'était dur de se retenir quand on bouillonnait de curiosité... Mais satisfaire cette curiosité m'aurait valu d'être foudroyé par ma femme. Déjà qu'elle était au bord de...

Un coup brusque en plein visage me sortit de mes pensées. Puis une vive douleur au nez me fit pousser une exclamation rageuse. Je n'eus pas besoin de tâter mon nez pour comprendre qu'il était cassé. Comment elle s'y était prise alors qu'elle était maintenant à quelques pas de moi, et non à côté ? Le livre à mes pieds me fournit la réponse. Et pas un petit livre ! Le bon gros livre capable d'assommer le mec le plus costaud et... casser le nez d'un vampire ? D'un geste rageur, je remis correctement mon nez qui émit un méchant craquement. Et je peux vous assurer que ça ne fais pas du bien du tout ! Même pour un vampire, croyez-moi ! Heureusement que l'os s'était déjà ressoudé... Sinon je serai encore en train de saigner comme un goret qu'on égorge ! De la main, j'essuyai le sang qui avait déjà cessé de couler.

Relevant les yeux, je vis Roxane tourner autour de Victor. Dubitatif, je haussai un sourcil tandis qu'elle l'observait d'un œil critique. Enfin... Quand je dis œil critique... en vérité, ce que je voyais dans son regard c'était du dégoût. Et je ne fus qu'à moitié surpris par les mots qui jaillirent des lèvres que j'aimais tant embrasser. Ces fameuses lèvres qui se faisaient d'ordinaire si douces et étaient capables de me faire sentir des sensations des plus agréables quand elles se posaient sur moi.

Sur le coup, j'eus l'impression que tout ce qui constituait mon univers et mon cocon de bonheur s'effondrait et se craquelait en morceau. Face à la violente haine dont Roxane faisait montre me donnait l'impression de n'être qu'un individu insignifiant. C'était la première fois que je ressentais ça. Et ça faisait un mal de chien ! Comme si j'étais pris dans un étau, j'étouffais. Ou pire, comme si j'étais en train de me noyer, cherchant un vain une goulée d'air.

Et c'était d'autant plus douloureux car je ne comprenais pas pourquoi elle me reprochait d'avoir transformer Victor. Car c'était bien pour ça qu'elle m'avait balancé un livre et me crachait son venin au visage. Mais en quoi détestait-elle Victor et le fait qu'il soit mon Infant ? La jalousie ? Bon sang ! Elle devrait savoir que je l'aime et l'aimerai à jamais aussi fort ! La présence de Victor ne devrait pas poser un problème. Jamais mes sentiments pour elle ne changeront. Jamais. Comment pouvait-elle le croire un seul instant ?

Ce fut à mon tour cette fois de me mettre dans un état de rage que je ne m'étais jamais connu ! Comment pouvait-elle ne pas avoir confiance en mes sentiments ? Elle exagérait ! Et si elle s'en prenait à Victor par pur caprice – car ça je n'en doutais pas un instant qu'elle le ferait – elle m'entendrait ! Victor était pour rien dans cette affaire ! Il était hors de question qu'il subisse les petits caprices de Madame parce que Madame était de mauvaise humeur et qui en voulait surtout à moi !

  -  Victor restera ! Il est ici chez lui ! Il restera aussi longtemps qu'il le voudra !

Furieux, je passais à côté d'eux et montait dans la chambre que Roxane et moi occupions. Je claquai la porte derrière moi avec colère. Et ma colère se transforma vite en fureur quand je vis l'état de la chambre. Bien qu'elle fusse rangée, la présence d'un simple cercueil et la disparition du lit que je partageai avec ma femme me choqua autant qu'elle décupla ma rage. De plus, il n'y avait plus aucune de mes affaires. Ou en tout cas pour la plupart... Voulant m'en assurer, j'ouvris tous les tiroirs et meubles de la pièce. Rien ! Absolument rien ! Y compris mes vêtements ! Bon sang ! Qu'est-ce que cette garce avait fait de mes affaires ? Oh ! Pour m'entendre, elle allait m'entendre !

Utilisant ma vitesse vampirique, je sortis de la pièce en trombe, claquant à nouveau la porte qui vola en éclat. Arrivant au rez de chaussé, j'attrapai Roxane par les épaules et la plaquai contre le mur avec une telle violence qu'elle en saigna un peu à l'arrière du crâne. Mais honnêtement, je n'en avais cure ! Cette salope me le paiera ! Elle pouvait compter là-dessus ! Avec mon bras, j'appuyai sur sa gorge, la bloquant totalement.

   -  Qu'est-ce que tu as fait de mes affaires ?

Mes yeux en cet instant étaient brûlants de fureur tandis que mes iris émeraudes plongeaient dans ses yeux à la couleur océan. Bien que les siens à elle furent tout aussi haineux, soutenir son regard ne fut absolument pas un problème pour moi ! Pourquoi cela en aurait été un ?


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Roxane Lucini

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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Dim 19 Fév - 22:46

Je poussai un gémissement quand ma tête heurta de plein fouet le mur, laissant du sang couler à travers mes cheveux. Je regardai Nicolas, mon regard n'ayant pas changé du ton préalablement employé à son égard. J'étais furieuse, haineuse... La tempête qui faisait rage en moi avait décuplé sa puissance. Je n'étais même plus certaine de mon nom tant cette rage me consumait. Et le pire c'est qu'il m'avait éclaté le crâne devant ce bon à rien de Victor !

-Tes affaires sont loin de moi. Et c'est tout ce qui compte.

Je sondais ce regard émeraudes en entendant ses pensées. Y aurait il une fin à Nicolas et Roxane ce soir ? Je savais qu'il captait les miennes et m'assurai qu'il les écoute attentivement, qu'il y voit la trahison qu'il avait instauré au sein de cette maison. Je n'avais déjà pas été fan de la Nouvelle Orléans trouvant le coin sale et mal propre, stupide. Bourrée d'esclaves, la région n'avait rien de spectaculaire hormis les villageois qui égorgeaient de pauvres poulets contre des esprits en ne sachant même pas reconnaître le vrai mal quand ils le voyaient. Ridicule... Tout comme ces gens dits civilisés, ces conquistadors qui se croyaient tout permis sur cette terre qui n'avait jamais été la leur. Je détestais l'esclavage et l'ambiance de l'horrible ville où nous avions échoué m'avait rendu malade dès le premiers soirs. Quelle connerie !
Une larme de sang coula le long de ma joue. Je voulus l'essuyer mais impossible de bouger. J'étais prisonnière de ce fichu mur et de mon époux.

-Nous vivions à trois je te le rappelle. Jack et moi refusions de voir ce... ce.... venir s'installer ici et d'autant plus sous la forme d'un vampire. Tu nous as ignoré, tous les deux.

Je le regardai toujours lui en voulant à mort. Je ne supportais même plus son contact sur ma peau et malgré moi, l'idée qu'il me garde dans ses bras et qu'il pose ses lèvres sur moi me donnait la nausée. Pourquoi avait-il été égoïste sur ce point là ? L'égoïsme nous connaissait tous les deux. Nous étions lui et moi ses enfants. Mais là, là ce qu'il avait fait... Ce qu'il m'avait fait n'avait rien de comparable. Il ne s'agissait plus de s'amuser ou de se délecter l'un de l'autre. Il n'y avait rien à ajouter.

-Bon sang Nicolas, j'ai porté notre enfant, je lui ai sauvé la vie des mains de ton frère et tu sais très bien comment ça s'est passé ! Je t'ai aimé et t'ai attendu alors que tu me cherchais. Il n'y avait rien de comparable à notre histoire à nous ! Et toi, toi tu as tout gâché. Tu nous as trahis. On ne voulait pas de lui et nous sommes une famille. Tu n'avais pas le droit de nous l'imposer. Je ne suis même plus en mesure de venir contre toi pour du réconfort je suis même incapable de te pardonner... Comment tu crois que je me sens, dis voir un peu. Tu as l'impression que je suis heureuse, que nous sommes heureux depuis que tu l'as rencontré ? Mais non toi tu n'as même pas vu que tu me blessais à mort à le désirer des yeux tout en ignorant mes supplications. Tu étais aveugle... Et maintenant la vérité te saute aux yeux... Que  tu aurais pu ouvrir bien plus tôt.

Je pleurai à présent. J'aurais tout donner pour me retenir et il savait à la perfection que laisser mon chagrin se manifestait était une chose rare, voir impossible. Déjà parce que j'étais une libertine de premier ordre, ensuite parce que j'avais été élevé en me formant un visage impassible mais aussi parce que montrer mes sentiments à quelqu'un d'autre que lui m'aurait détruit. Et c'est bien ce qui se passait. J'étais détruite... Anéantie.

-Tu as détruit tout ce que nous avions avec ta bêtise... Et je ne suis même plus sûre de voir une fin heureuse pour nous parce que tu vois là à cette seconde, ce n'est pas d'énervement ou de colère que je pleure. C'est à cause de toi. J'essaye de voir dans ton regard l'amour qui suffisait à me donner courage mais même si je le voyais à cette seconde il n'en est plus capable.

Je repoussai les mains qui me tenaient et de ma vitesse de vampire allai dans le cercueil qui remplaçait le lit que j'avais occupé avec mon époux. Je m'y enfermai de l'intérieur et mis mes mains sur mes oreilles tout en laissant mes larmes rougir le soie qui m'entourait. Je ne voulais plus sortir, je ne voulais plus être en face de Nicolas. Les jours passaient et personne ne put ouvrir le cercueil auquel je me tenais avec une force inouïe, comme si ma vie en dépendait. J'y passais mes jours et mes nuits, je ne sortais pas, ne chassais pas, je restai simplement allongée en tentant de conserver cet amour unique que j'éprouvais pour le seul homme que j'avais jamais aimé. Et même Jack ne parvint pas à me tirer de là. Je voulais que Nicolas sache ce qu'il me faisait endurer, qu'il découvre ce qu'il venait d'engendrer, qu'il souffre autant qu'il me faisait souffrir. J'étais anéantie et il en était la cause. Je tentais chaque soir de me lever et de sortir pour courir dans ses bras qui m'auraient enlacés mais cette pensée ramenait à mon esprit l'image de Victor qui aussitôt me figeait sur ma place et me poussait à rester enfermée dans ce cercueil où je restai seule avec mes peurs, mes doutes et ma souffrance. Je ne le reconnaissais pas. Avait-il détruit Roxane à jamais ? Allais je m'endormir pour toujours dans ce cercueil ?

Non... Si cet imbécile était incapable de se montrer digne de moi, et bien je trouverais mieux.... N'est-ce pas ? Même si au fond c'était impossible, cette idée me suffit à ouvrir ce maudit cercueil. La maison était vide. Ils étaient partis chasser. J'enfilai une nouvelle robe, splendide, et me coiffait joliment. Même si j'avais l'air d'un cadavre décharné, je savais qu'après quelques repas je retrouverai toute ma beauté et le résultat en serait éblouissant, comme le premier jour où j'avais rencontré mon époux.
Je pris ma cape et mis la capuche sur ma tête afin de couvrir ma véritable nature. Je sortis dans les rues sombres et me jetai sur quelques colonisateurs. Comme promis, mon visage retrouva sa beauté et c'est quand je rentrai à la maison que quelque chose attira mon attention. Une masse de personne entourait une sorte de cage, dévoilant un homme nu et effrayé à l'intérieur. Je m'avançais doucement et c'est là que mon regard croisa pour la première fois celui de Chagan.



Trois jours et trois nuits entières étaient passées depuis que j'avais rencontré mon humain, mon confident. Je l'avais soigné, rassuré, cajolé... Puis j'avais décidé de rentrer. Je portais ma robe et mes atouts avec fierté et noblesse et les domestiques avertirent mon mari et mon Sire que j'étais rentrée. Sans un bruit je montais à l'étage, entrai dans le salon où tout le monde se trouvait et posai un baiser sur les lèvres de Nicolas avant de m'installer sur le canapé un nouveau livre à la main.


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Nicolas de Merville
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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Dim 19 Fév - 23:09


– Tes affaires sont loin de moi. Et c'est tout ce qui compte.

Mais elle se fichait de moi ! Ça ne pouvait être que ça... Je lui avais posé une question, à savoir l'endroit où elle avait mis mes affaires ; j'y avais mis suffisamment de ton pour qu'elle comprenne que j'exigeai une réponse claire et précise ; et elle se permettait de refuser ! Si je m'étais écouté, je l'aurais giflée! Ce n'était que par miracle que je retenais ma main de frapper sa joue.

Sans doute parce que je n'avais jamais été très prompte à lever la main sur quelqu'un, jugeant qu'il s'agissait d'une marque de faiblesse. Ou alors était-ce parce que j'avais Roxane sous les yeux ? Probablement était-ce un mélange des deux.

De toute façon, je n'avais pas besoin de la gifler pour qu'elle me dise ce que je voulais savoir. Et gare à elle si elle persistait à ne pas me révéler ce qu'elle avait fait de mes affaires ! J'allais lui reposer la question et avec d'autant plus de colère quand... quelque chose bloqua les mots que je comptais prononcer.

Une larme rouge glissait sur la joue d’albâtre de Roxane, laissant une traînée sanguinolente. Cette simple larme eut l'effet d'effacer ma colère et me fit presque oublier pourquoi j'ai été furieux. Roxane pleurait très rarement. Y compris devant moi. Et pour ce qui est de pleurer devant d'autres personnes... c'était même impossible. Hors, en cet instant, Jack et Victor étaient présent. Et les larmes de sang coulaient malgré tout des yeux de ma Sauvage.

Pour qu'elle pleure ainsi sans pouvoir se retenir et s'arrêter, il fallait qu'elle fut brisée intérieurement. Ces gouttes écarlates qui tombaient sur le sol étaient la preuve d’une hémorragie interne. Mais pas n'importe laquelle. Et certainement pas physique. Même si son cœur ne saignait pas en réalité, le sang n'en coulait pas moins pour autant.

J'en restai stupéfié, même si je n'en montrais rien. Je me contentai de fixer les sillons rouges qui zébraient le visage de Roxane alors qu'elle m'accablait de reproches, exprimaient la trahison dont elle se sentait victime. Trahison dont elle me rendait responsable.

En fait... je commençai à croire qu'au fond... elle n'avait pas tor. Une minuscule part en moi prenait conscience de son erreur. Mais elle était trop minime pour que cela me saute aux yeux. Je ne faisais que constater à quel point Roxane, ma femme, mon amante, mon âme-sœur, ma confidente, avait été sérieusement blessée. Et cause de moi. Je ne voyais que ça. Rien d'autre.

Pour Roxane, ainsi que Jack, j'avais fait une grossière erreur en transformant Victor. Sauf que je ne comprenais pas pourquoi. Venant de Roxane, oui. N'étais-je pas moi-même peu enclin à partager ma dulcinée avec quelqu'un ? Etait-ce par jalousie qu'elle me vomissait en cet instant et se sentait trahi ? Sans doute en grande partie.

Cependant, je continuai à penser qu'elle n'aurait pas dû le prendre ainsi. Elle devait savoir que jamais je ne cesserai de l'aimer. Jamais mes sentiments ne changeraient. Pourquoi Victor aurait été incapable de me faire oublier Roxane ? C'est tout bonnement impossible. Comment pouvait-elle croire une chose pareille et ne pas me faire confiance ?

Pour ce qui est de Jack, je comprenais encore moins. Pour quelle raison m'avait-il interdit de faire de Victor mon Infant ? En quoi n'était-il pas fait pour être vampire ? Pourtant, il avait accepté de l'être. Il m'a dit oui lorsque je lui ai proposé. S'il n'était pas prêt pour être vampire, alors pourquoi avoir choisi ma proposition ?

Je ne savais plus où j'en étais. Si ce n'est que j'avais en face de moi une Roxane déchirée et que j'en étais la cause.

Vivement, elle me repoussa. Ce qui fut des plus facile. Bien que mes mains fussent sur elle, je ne la tenais pas vraiment. Je n'exerçais plus aucune pression afin de la maintenir. Je la regardai s'éloigner à vitesse de vampire. Je restai-là. Sans bouger. Trop secoué pour avoir une quelconque réaction. Je ne faisais même pas attention au regard assassin de Jack.

Que devais-je faire ? Monter voir Roxane dans sa chambre ? Mauvaise idée... Elle me tuerait sans doute dès l'instant où j'aurais franchi le seuil de la porte. Pourtant...

Je me dirigeai vers les escaliers dans le but de rejoindre ce qui avait été notre chambre. A peine eussé-je posé le pied sur la première marche que Jack m’interpella.

   -  Si j'étais toi, je la laisserais tranquille.
   -  Oui mais tu n'es pas moi...

Sans plus aucune hésitation, je gravis les marches et allai toquer doucement. Pas de réponse. Je n'en fus pas surpris et recommençai en appelant Roxane. Toujours rien. Me doutant que jamais elle ne me répondrait, je tentai d'ouvrir la porte. Celle-ci n'était pas fermée à clé. J'entrai discrètement, bien qu'étonné que ma femme n'eut pas pris la peine de s'enfermer.

La chambre paraissait vide. Mais le cercueil était bien trop en évidence pour que je ne sache pas où s'était réfugiée ma Sauvage. Je m'approchai et m'assis sur un des bords du cercueil, là où se situaient ses jambes.

   -  Roxane ?

Elle ne daigna pas me répondre, m'ignorant totalement. Je pouvais l'entendre simplement pleurer, ses sanglots résonnant à l'intérieur du coffre en bois. Je choisis de me taire et de la laisser pour le moment. Je tendis un bras et posai mes doigts à l'endroit où se trouvait sa tête. Puis je me levai et quittai la pièce en fermant délicatement derrière moi.



Les soirs passèrent. Et Roxane ne sortait toujours pas de son cercueil. Pas même pour se nourrir. Ce qui m'inquiéta. Je tentai, à plusieurs reprises, d'ouvrir sa prison improvisée. Mais impossible de soulever le couvercle. Elle l'avait verrouillé de l'intérieur. Et jamais elle ne répondait à mes supplications pour l'inciter à sortir pour au moins se nourrir. Elle ne prononçait pas un mot, ignorant totalement ma présence. Et les tentatives de Jack furent tout aussi vaines.
   
Elle se murait dans un mutisme et dans un repli sur soi qui me faisait réellement peur. Et d'autant plus que je ne pouvais rien faire pour l'en faire sortir. Lorsque j'emmenai Victor chasser, je supervisai d'un œil distrait ses tactiques de chasse. Jusqu'au soir où il failli nous faire repérer.
   
Cet empoté avait fait crier la femme qu'il devait tuer. Heureusement, je tordis le cou à cette mégère et passais un savon à cet idiot qui avait tout bonnement refusé de tuer la proie que je lui avais choisi.
   
Il s'en suivit une petite bagarre durant laquelle Victor me plaqua violemment contre un arbre et tentait de me faire mal. Je ne pus m'empêcher d'en rire. Vous imaginez, Victor me débiter toute une panoplie d'injures en plaquant simplement contre un arbre ? Non vraiment ! Rien de plus comique !
   
En même temps, je riais également parce que ce je voyais en cet instant c'était le pourquoi j'avais transformé Victor. Il avait un esprit autodestructeur, tout comme le mien. Sauf que lui, c'était beaucoup plus fort. Et il avait en plus de la rage. Une rage contre tout ce qui pouvait lui arriver de négatif. Et en l'occurrence, je représentai tout ce qu'il a de plus négatif pour lui.
   
Me voir rire fini par calmer en parti Victor, bien qu'il resta furieux contre moi. Nous rentrâmes un peu après Jack. Celui-ci était assis sur le canapé du salon, lisant.

   -  Roxane est sorti du cercueil, déclara-t-il d'un ton sec.
   -  Quoi ? Fis-je en me stoppant net.
   -  J'ai horreur de me répéter, mon stupide enragé...
   
Je fronçai les sourcils mais m’abstins de tout commentaire. Sinon je risquai de tomber dans le piège de Jack qui savait parfaitement que je détestais qu'il m'affuble de ce surnom. Je montai à l'étage et entrai dans la chambre de Roxane. Le cercueil était ouvert. Mais pas une trace de ma femme. Je descendis à nouveau afin de demander où était passé Roxane.

   -  Elle est partie, répondit simplement Jack.
   -  Partie ? C'est-à-dire ?
   -  Partie...
   -  Tu veux dire qu'elle est allée chasser ?
   -  Non. Elle est partie.
   - Bon sang, Jack ! Elle est partie où ?
   -  Je n'en sais rien. Elle est quelque part en ville. Loin de ta stupidité.
   -  Tu me fais marcher, là... ?
   -  Non, non, je te fais courir.

J'émis un soupire d'exaspération. Je pouvais compter sur Jack pour m'énerver... Au moins, Roxane était sortie de sa retraite volontaire et recommençait à se nourrir. Et elle reviendrait. N'est-ce pas ? Jack me charriait. Ça ne pouvait être que ça. Ou bien… ?



Trois jours passèrent. Trois jours et trois nuits durant lesquels je tournai en rond inlassablement dans ma chambre ou le salon. Et peu m'importait que cela agace Jack et Victor. Je n'avais qu'une chose en tête : Roxane.
 
Où était-elle passé, bon sang ? Elle n'était pas partie, n'est-ce pas ? Non, jamais elle ne ferait ça, pas vrai ? Etait-ce une conviction ou tentais-je simplement de m'en persuader ? Je n'en savais rien. Mais une peur s’immisça en moi. Une que je n'avais ressenti qu'une fois. A savoir durant les trois années où j'ai cherché sans relâche Roxane alors que tout mon entourage me répétait sans cesse qu'elle était morte.
   
Ce fut la quatrième nuit qu'elle revint. Les domestiques m'avertirent de son retour. Sur le moment je m’apprêtais à me précipiter vers ma femme mais était déjà là, sur le seuil du salon, plus belle que jamais. Elle se tenait droite et fière comme au premier jour où je l'avais vu. J'en fus cloué sur place, ne m'attendant pas à une apparition de ce genre.
 
Et je fus d'autant plus surpris lorsqu'elle vint à ma rencontre pour déposer un baiser sur mes lèvres. Avant de tranquillement s'installer sur le canapé, un livre à la main. Je la regardai un instant, ignorant comment réagir. Il y a à peine une semaine, elle m'injuriait et balançait mes affaires par la fenêtre. D'où venait ce revirement soudain ? Roxane n'était pas du genre à se calmer au bout de quelques petits jours quand elle est aussi furieuse qu'elle l'avait été.
   
Un peu méfiant, je m'assis à côté de Roxane alors que Jack nous observait par-dessus son livre.

   -  Je me suis inquiété. Où étais-tu ? Dis-je, prudemment.
   
Je me demandai si allait me repousser, m'injurier, m'ignorer ou tout simplement me répondre. La Roxane qui se présentait à moi en cet instant m'était aussi familière qu'inconnue. Même si elle se comportait comme d'habitude, je n'avais pas l'impression d'avoir ma Roxane mais à une étrangère. Et j'ignorai comment me comporter avec elle.
 
Jugeant sans doute qu'il en avait assez vu, je vis Jack se concentrer à nouveau sur son livre.


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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Dim 19 Fév - 23:13

A la question qui s'empara des lèvres de mon époux, je ne pus que hausser un sourcil. Je le regardai du coin de l’œil avant de tourner une nouvelle page de mon livre. Avais-je seulement envie de répondre ? Oui et non... Non parce que je ne voulais pas prendre la peine de répondre à cet idiot, oui parce que j'avais une envie irrésistible de lui faire savoir que je m'étais certainement trouvé un compagnon bien plus fiable que lui.

-Oh Nicolas... Je t'en prie... Réfléchis un peu... Pourquoi un vampire s'absente t-il pendant trois jours ?

Un petit sourire s'afficha sur mon visage. Je regardai rapidement Jack, lui faisant parvenir du regard que je n'avais pas commis le même acte que Nicolas. Non je n'avais transformé personne. Mais cela ne signifiait pas que je n'avais trouvé personne à transformer.

-Et réfléchis encore un peu... Pourquoi une femme mariée en colère et dotée d'une haine monstrueuse à l'encontre de son mari s'absenterait elle aussi longtemps... Voyons voir... Elle pourrait fuguer vers un endroit inconnu afin de commencer une nouvelle vie, ce qui m'est passée par l'esprit, je dois bien l'avouer. Elle peut aussi être partie trouver un amant, mais là il faudrait qu'elle en ait déjà eu un pour le retrouver. Ce n'est donc pas mon cas. Ensuite, elle a pu trouver un amant... Ce qui est peut être le cas. Enfin non, parce que quand on y réfléchit encore, une femme qui aime son cher époux n'est pas sensé avoir un amant... Donc la question est... est-ce que je t'aime encore assez pour éviter un adultère ?

Je tournai une nouvelle page et remarquai que j'arrivais à un nouveau chapitre.

-J'adore ce chapitre ! Pas toi ?

Je sentais le regard de Nicolas braqué sur moi.

-En fait je crois que ce qui m'a le plus énervé, ce n'est pas la peur de te perdre, je sais très bien que je te suis irremplaçable... C'est de voir un caniche enlevé à sa mère bien trop tôt prendre la même quantité de place que moi dans ton petit cœur démoniaque. Tu m'aimes ? C'est certain et je le sais. Tu l'aimes ? Oui et autant que moi, ta propre femme et mère de ton fils. Alors me retrouver à égalité avec lui, oui, c'est un peu dérangeant vois tu ? Ensuite, ça veut dire que je vais devoir le supporter plusieurs siècles ou au moins un, parce que lui, il a pas l'air de beaucoup t'aimer. Pourtant cet imbécile reste là. S'il avait une once d'intelligence il serait parti pour nous laisser vivre. Mais il doit être encore plus égoïste que toi pour rester. Et il est d'un ennui tellement mortel !


Je lui touchai le nez du bout de mon index :

-Vilain garçon... C'est pas bien que ce tu as fait.

Je posai le livre et me levai en voyant arriver une domestique avec un paquet en main :

-Votre nouvelle robe est arrivée madame, elle vient de Florence, directement.

Je souris et sortis la resplendissante robe du paquet que j'avais désormais en main.

-Je ressors dans quelques instants. Je vais aller... m'amuser un peu puisque ce n'est plus possible ici depuis qu'un rabat joie est entré dans la maison. Oh et... Bien entendu je me suis déjà trouvé un cavalier... Un très bon ami, qui a été là dans un instant de... faiblesse de ma part et qui est fiable et très loyal.  Quand je lui ai dit que mon mari que je chérissais depuis tant d'années, à qui j'avais tout donné, mon être, mon âme, mon corps m'avait trahi si brutalement et en m'ignorant plus que royalement, il a eu la bonté de sécher mes larmes. Ce que tu n'as pas su faire ces derniers jours... Enfin passons. Le passé est du passé n'est-ce pas ? Place au présent et à l'avenir. Merci quand même de t'être inquiété pour moi mon amour. Mais j'ai vu qu'au fond tu t'amusais bien même sans moi a piqué des fous rires quand ton infant essaye de te tabasser. Ça aurait été égoïste de t'emmener avec moi et de t'éloigner d'un être si cher à ton cœur et si enclin à te faire rire et t'amuser non ?

Je luis souris avec innocence et partis dans ma chambre afin de me changer et de me coiffer.
Quand je sortis de la chambre je n'en étais que plus belle encore qu'à ma première rencontre avec Nicolas, plus sauvage, plus indomptable et plus insolente et ravageuse que jamais. Je ne lui adressai pas un regard. Je regardai à la fenêtre et vit ma voiture arriver. Je souris et allai à la porte puis me figeai un instant. La douleur, une douleur effroyable, qui me suivait sans relâche depuis que Nicolas avait transformé Victor fit à nouveau son apparition et je manquai de tomber à genoux. Heureusement j'avais déjà les mains sur la porte et je pus poser ma tête contre celle ci. Je m'adressai à Nicolas, d'une voix calme mais blessée, aussi humiliante pour moi que la larme que j'avais versé lors de notre querelle.

-Avec honnêteté Nicolas... Je ne supportais pas Victor aussi longtemps... Et toi encore moins... J'espère que tu as conscience du mal que tu as fait... Je... Je guette dors et déjà des appartements en proie à se libérer afin de m'accueillir...

Je le regardai un instant dans les yeux :

-Je ne peux pas vivre avec l'idée que quelqu'un comme lui occupe la même place que moi dans ton cœur... Et que tu ne sois pas en mesure de me choisir moi par rapport à ce crétin... Pour le moment, la seule et unique chose dont je suis intimement persuadée, c'est que tu m'as blessée à un point que je ne soupçonnais pas moi même et que ce chemin nous entraîne doucement vers la fin de notre histoire si tu ne trouves pas une solution rapide... Je ne souhaite pas en arriver là mais... je suis incapable de faire demi tour. Ou tu le chasses, ou tu le tues, ou je risque de le faire, ou je pars. Je ne dis pas ça en l'air... L'amour qui nous unissait jusqu'à ces deux dernières semaines a déjà presque totalement disparu. Je t'aime, mais aujourd'hui bien moins que hier. Alors... empêche  moi de franchir cette porte, d'aller retrouver mon ami, de t'oublier quelques heures, de nous oublier le temps d'un soir.


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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Dim 19 Fév - 23:19


Il ne me fallut qu'une fraction de seconde pour savoir que j'avais bel et bien ma Roxane. Elle était toujours aussi furieuse contre moi et me crachait son venin sans une once d'hésitation. Elle était même plus haineuse que jamais.
   
Pendant tout le temps qu'elle parlait, je restais silencieux, écoutant ce qu'elle avait à me dire. Bien que chaque parole me blessait un peu plus à chaque seconde, je n'en montrais rien. Je savais parfaitement que tout ce qu'elle me disait était vrai. Qu'elle avait rencontré un homme qui risquait très probablement de devenir son infant. Pour être honnête, cette idée ne me faisait ni chaud ni froid. Elle pouvait très bien avoir un Infant, cela m'était égale. Après tout, n'en avais-je pas un ? Ce n'était donc pas cette perspective qui me blessait.
   
C'était ses reproches. Chacun était comme une dague qu'on enfonçait à plusieurs reprises et avec acharnement dans mon cœur. Et en plus de ça, elle s'amusait à faire tourner la lame pour le déchiqueter. J'étais consterné. Je ne réagis même pas quand elle posa son index sur mon nez, me traitant comme un gamin.
   
Je lui en voulais. C'était par possessivité et jalousie qu'elle haïssait Victor. Ainsi que moi. Pourquoi n'aurait-il pas eu sa place dans mon cœur ? Et puis... même si j'aimais autant Victor qu'elle, c'était un amour totalement différent. Victor était pour moi comme un petit frère, mon protégé. Alors que Roxane restait ma femme et la mère de notre enfant, pour reprendre ses mots. Elle est et restera l'unique femme dont je suis capable d'être amoureux. La seule qui soit digne de moi. Tout comme je suis le seul à être digne d'elle. Victor n'aurait pas effacé ça. Comment pouvait-elle me reprocher d'aimer de la sorte Victor ? Ça n'aurait en rien changer notre relation. J'aurais continué à passer du temps avec elle. Sa possessivité était consternante... Pour ma part, jamais je ne lui aurais reprocher d'avoir un Infant qu'elle aimerait comme je pouvais aimer Victor. Jamais !

Soudain Jack se mit à rire. Je tournai légèrement les yeux vers lui, me demandant ce qui avait pu causer son hilarité qui était des plus ironiques qui soit.

   -  Désolé de vous interrompre, mes tourtereaux qui ne le sont plus, mais j'ai l'impression d'assister à une pièce de ce cher Molière. Même si j'ai hâte de connaître la scène finale de cette charmante comédie, vous faites trop de bruit pour mes pauvres oreilles.
   
Puis il se leva et quitta la pièce sans nous accorder un seul regard. Que ce soit moi ou Roxane. Je faillis m'emporter sur le coup. Il se moquait de nous ! Et très ouvertement en plus. Je me serai bien levé pour l'attraper par le col et exiger des explications. Qu'il se moque de moi était une chose mais si en prime il impliquait Roxane... Je fus coupé dans mon élan par l'arrivée d'une domestique.
   
-  Votre nouvelle robe est arrivée madame, elle vient de Florence, directement.
   
Je restais silencieux et furieux contre ma femme alors qu'elle rajoutait une couche en précisant qu'elle passerait la nuit en « meilleure » compagnie que moi. Et bien qu'elle sorte ! Oui ! Qu'elle sorte si c'est qu'elle voulait ! Qu'elle rejoigne son ami ! De toute façon, j'étais trop en colère pour avoir une autre réaction. J'avais envie de lui cracher à la figure comme elle était en train de le faire à mon égard.
   
Mais je n'en fis rien. Comme si quelque chose me bloquait et imposait une muselière à mon ressentiment. Je me contentai simplement de suivre Roxane du regard qui partait s'apprêter.
   
Pour ma part, je restais dans le salon. Je m'allongeai sur le canapé en fixant le plafond. Puis je mis une main sur mes yeux, sentant des larmes me monter aux yeux.
   
Je ne voulais pas pleurer et ce fut par miracle qu'une goutte de sang ne vint perler dans le coin de mes yeux. Je pris une profonde inspiration afin de me calmer. Il me fallut un petit moment avant de pouvoir me reprendre totalement. Je gardais les yeux fermés ainsi que ma main sur le visage en me concentrant sur ma respiration, bien qu'en soit je n'avais pas besoin de respirer.
   
Je me relevai du canapé quelques minutes plus tard, au moment même où Roxane descendait de sa chambre, vêtue de sa nouvelle robe. Je la regardai passer devant moi, plus splendide que jamais. Mais je constatai très vite qu'il ne s'agissait là que d'une façade.
   
Alors qu'elle se dirigeait vers la porte dans le but de sortir, je la vis s'arrêter puis poser son front sur la dite porte. Puis elle se retourna pour me faire face. La douleur que je vis dans ses yeux et qui fit vibrer sa voix quand elle me parla me sauta à la gorge, la nouant avec force.
   
Je ne savais comment réagir... C'est vrai, j'étais incapable de choisir entre Roxane et Victor. Comment pouvais-je l'être quand on sait qu'à mes yeux ils font partie de ma famille ? Tout bonnement impossible. Comment pouvait-elle me demander ce choix ? Un qui n'aurait pas dû lieu d'être. Je ne pouvais et ne voulais pas choisir.
   
Hors, si je ne me pliais pas à la volonté de Roxane, si je ne faisais pas ce choix qu'elle m'imposait, je la perdrai. J'étais déjà en train de la perdre. Elle s'éloignait de plus en plus de moi. De ça, j'en avais pleinement conscience. Notre couple était au bord du gouffre. Peut-être même était-il déjà en train de tomber au fond du ravin et qu'il cherchait une racine ou une sailli sur laquelle s'accrocher pour remonter en haut de la falaise.
   
Je me sentais faible et impuissant. Je ne savais que faire. Devais-je la prendre dans mes bras, comme elle me suppliait de le faire ? Vous répondrez oui mais j'avais peur que cette étreinte soit à ses yeux comme une promesse qu'à coup sûr je ne pourrais pas tenir. Et pourtant... tout comme Roxane, j'avais tellement besoin de la serrer contre moi. J'en mourais d'envie. Mais j'avais peur. Peur de la blesser davantage. De la décevoir encore. De lui donner de faux espoirs concernant Victor.
   
Déchiré, j'essayais de prendre une décision tout en regardant Roxane. Mais finalement, je m'avançai doucement vers elle et l'entourait de mes bras pour la serrer contre moi. Je la serrai si fort que j'aurais pu l'étouffer. Mes larmes coulèrent. Un flot silencieux glissaient de mes yeux pour venir goutter sur mon menton et tomber sur le visage de Roxane. Je ne parvenais pas à cesser de pleurer. Et cela m'enrageait ! Pourquoi étais-je si faible alors qu'il me fallait être fort ? Qu'étais-je devenu ? Où était passé le Nicolas que j'étais ? Je me détestais d'être aussi pathétique et lâche. Ce n'était pas moi ! Il fallait que cette loque qui revêtait mon corps s'en aille ! Mais j'étais incapable de la chasser. Je n'en avais pas la force.
   
J'embrassais tendrement le front de ma Roxane tout en lui caressant les cheveux.
Je m'en voulais... J'avais la sensation de faire une promesse à Roxane que je me savais incapable de tenir. Ce qui conduirait indéniablement à une nouvelle trahison. Ce qui finirait par achever ma femme. Elle qui était en cet instant si meurtrie...
   
Ma Roxane... Ma Sauvage... Je t'aime. N'en doute jamais.
 
-  Reste avec moi, ma Roxane, murmurai-je. Reste avec moi.


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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Dim 19 Fév - 23:29

Nicolas me serrait dans ses bras. Je le serrai tout autant, retenant mes larmes. Mes mains serraient sa chemise avec force et douleur tandis que ma tête reposait dans le creux de son cou. Son odeur me parvenait, cette odeur qui autrefois m'étais si précieuse et savait me rendre le sourire. Aujourd'hui elle était la garantie de ma douleur et de ma déception. J'avais entendu ses pensées. J'étais bien trop faible et épuisée pour les bloquer. Je les recevais, chacune, aussi atroce et douloureuse que la peur que j'avais ressentie lorsque Sylvain s'était rué sur le berceau, près à tuer Slovan. C'était bien pire que ressentir la douleur de l'épée fendant mon corps, suivi du froid mordant de la tempête de neige dans laquelle je m'étais aventurée pour avoir une chance de sauver notre enfant.
Pourquoi ne comprenait il pas ? Pourquoi ne comprenait il pas que tout ça allait bien au delà d'une question de simple jalousie ou de possessivité ?
Victor n'était pas fait pour être vampire. Trop faible, trop humain... Il n'avait pas assez de croc, de mordant. Il subissait la mort de chacune de ses victimes, bien au delà de ce que Nicolas ressentais. La seule chose à laquelle avait aspiré cet homme, c'était rejoindre cette enfant qu'il avait tant chéri.

Je ne pouvais plus me soutenir. Mon corps tomba sur le sol, à genoux, malgré les bras de mon époux qui m'entouraient. Colère et haine, chagrin et douleur. J'avais l'impression d'être au milieu d'un ouragan qui dévastait tout autour de lui sans que je ne puisse l'arrêter, ne pouvant qu'observer et attendre. Les débris volaient, les larmes coulaient mais je restai impuissante. Pourquoi ! Pourquoi ne comprenait il pas que Victor était une erreur ? Qu'il n'aurait jamais du faire de lui un vampire. Pourquoi c'était lui qui devait occuper le cœur de mon époux ? Victor était une honte, une infamie. Un imbécile pleurnichard. Et le pire, c'était qu'il savait ! Il savait ce qu'il nous infligeait à Nicolas et à moi. Il savait qu'il nous entraînait dans le gouffre mais il restait là, à observer, ce fichant de ce que mon amant et moi pouvions ressentir, la détresse dont nous faisions preuve. Il restait alors qu'il nous détruisait et Nicolas était incapable de voir ça... C'était pourtant si flagrant ? Ca crevait les yeux !
J'espère que tu entends tout ça mon amour...

-Je sais que tu l'as entendu alors pourquoi... dis moi pourquoi tu continues à nous faire souffrir ? Jack est sur le point de nous quitter... S'il part je vais être si seule... Si seule face à toi et Victor...Ne me pousse pas dans les bras d'un autre Nicolas parce que je n'aurais pas la force de résister... Je suis à bout... Je l'ai été dès ce fameux soir où tu n'es pas rentré pour aller le transformer. Tu n'as même pas vu mes larmes...  Je déteste cette ville, je déteste cette ville, je déteste Victor... Pourquoi tu m'infliges ça ? Pourquoi je nous ai fait rester ici...

C'était ma faute... J'aurais du nous forcer à partir mais Nicolas avait l'air de tellement aimé cette ville.... C'était ma faute. J'aurais dû insister, ou avoir le cran de mettre fin aux supplices de Victor quand il était encore humain.
Mes larmes coulaient, je n'avais plus le courage de les retenir. Mon amour m'achevait, Nicolas me consumait et je ne pouvais rien faire contre ça.

-Je te hais...

Les mots étaient coupés par mes sanglots. Je ne désirais même plus me relever. Je savais qu'il ne choisirait pas... Je savais qu'il ne pourrait renoncer et pourtant. Pourtant au fond c'était bien ce qu'il faisait. Il m'amenait un peu plus au bord du gouffre en toute connaissance de cause. Il savait qu'après un autre coup, je ne me relèverai pas. Pourtant il me serrait contre lui. J'avais une telle envie de croire que nous serions à nouveau ensemble, que tout serait comme avant. Mais je n'étais pas une idéaliste, ni une optimiste. Je voyais la réalité, bonne ou mauvaise, prête à espérer ou à s'effondrer. Mon monde se brisait.

-Je te déteste !

Non je ne voulais plus qu'il me touche, ces mains qui avaient toucher Victor. Non je ne voulais plus croiser son regard, ce regard qui s'était posé sur Victor. Vivement je le repoussai, son corps tombant au sol sous l'impact.

-JE TE DETESTE !!!

Je me ruai dans ma chambre et claquai la porte. Je me mis tout contre, mon cœur pourtant mort saignant aussi fidèlement que celui d'un vivant. Mon corps glissa contre le bois et une nausée me prit soudainement. Je n'eus pas le temps de réfléchir d'avantage à ce qui se passait que je me retrouvai couverte du sang que je venais de vomir. Tremblante, j'observai, l'esprit vide et froid. Puis une odeur, une odeur autre que le sang arriva jusqu'à moi. L'odeur de Victor. Loin d'être dans mon état le lus avantageux et le plus sain d'esprit, je n'étais plus à présent que le vampire qui était en moi. Cette monstruosité encline à tuer et savourer du sang. Je sortis et avec ma vitesse de vampire arrivai devant l'autre homme qui avait contribué à tout détruire. Moi, notre famille et bientôt Nicolas, cela ne faisait aucun doute. Non, il ne toucherait pas à Nicolas...


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Nicolas de Merville
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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Dim 19 Fév - 23:39


Roxane serrait ma chemise entre ses doigts. Elle la serrait si fort qu'elle aurait pu la déchirer. Et honnêtement, je n'en avais que faire qu'elle l'abîme. Qu'était une chemise dans cette situation ? Absolument rien.
   
Je la serrai un peu plus contre moi, mes larmes coulant toujours. Je la perdais un peu plus chaque seconde et il n'y avait rien que je puisse faire pour en stopper le processus. Y compris si je venais à faire partir Victor... Car au fond, je souffrirai également de l'absence de Victor et j'en ferai tout autant souffrir Roxane. Que Victor reste ou parte, ça ne changerait en rien la souffrance de ma femme.
   
Soudain, elle s'effondra au sol, tombant à genou. Ne m'y attendant pas, je ne pus la retenir. Je m'accroupis afin de l'aider à se relever mais elle ne chercha pas à se remettre debout. Elle restait au sol, tremblante et aussi faible que moi. Je n'insistai pas, songeant qu'elle ne souhaitait pas se relever.
   
-  Je sais que tu l'as entendu alors pourquoi... dis-moi pourquoi tu continues à nous faire souffrir ? Jack est sur le point de nous quitter... S'il part je vais être si seule... Si seule face à toi et Victor...Ne me pousse pas dans les bras d'un autre Nicolas parce que je n'aurais pas la force de résister... Je suis à bout... Je l'ai été dès ce fameux soir où tu n'es pas rentré pour aller le transformer. Tu n'as même pas vu mes larmes... Je déteste cette ville, je déteste cette ville, je déteste Victor... Pourquoi tu m'infliges ça ? Pourquoi je nous ai fait rester ici...
   
Je la regardai un instant, silencieux. Que pouvais-je répondre à ça ? Je n'avais pas entendu ses pensées, contrairement à ce qu'elle croyait. Je ne lisais jamais les pensées de Roxane. Jamais. Pour moi, il s'agissait de son intimité à elle. Elle avait droit à son petit refuge où mettre les choses qu'elle ne souhaitait pas me dire et garder dans son esprit. Ce serait la violer que de faire ça. Et puis... Roxane ne m'avait jamais rien caché et ce n'était pas près de changer.
   
En revanche, je compris qu'elle avait lu les miennes. Elle avait vu que je ne saurais choisir entre elle et Roxane. Elle avait senti mon impression de faire une promesse par le biais de mon étreinte et de la trahir à nouveau par ce fait. Aurais-je dû lui en vouloir qu'elle ait lu mes pensées ? Peut-être... Mais il n'en était rien. Après tout, je lui avais toujours laisser libre accès à mon esprit et je ne voyais pas de raison de faire le contraire. J'avais confiance en elle. Et je ne cesserai jamais de lui faire confiance. Quoi qu'il arrive.
   
Pour être honnête, à aucun moment, je n'avais cru que Jack était sur le point de partir. Je ne l'avais jamais imaginé faire ça. Mais maintenant qu'elle le disait... Oui, effectivement, il était sur le départ...
   
D'ailleurs... sa remarque de tout à l'heure ne signifiait-elle pas justement qu'il quittait officiellement la maison. Mon Sire était à l'étage actuellement. Ne serait-il pas déjà en train de... boucler ses valises ? Je me redressai et tournai un peu la tête vers les escaliers, me demandant si c'était le cas.
   
Mais cela me sortit vite de l'esprit car trois mots bien précis sortir de la bouche de Roxane.

- Je te hais...

Ces trois mots eurent l'effet d'une lance venant déchiqueter mon ventre. Bon nombre de femmes – et d'hommes – m'avait craché ces paroles à la figure sans que cela ne me fasse ni chaud ni froid. Je m'en délectais même. Mais cette fois c'était différent. Il s'agissait de Roxane. Et non d'une femme comme les autres.
   
J'en restais muet et glacé jusqu'aux os. Depuis ma transformation, je n'avais jamais plus ressenti le froid. Hors en cet instant tout mon corps était gelé. Non seulement parce que j'étais incapable de bouger mais aussi parce que je tremblais, des frissons glacials parcourant le dos. Je ne bougeai pas pour autant quand Roxane hurlant à nouveau ces mots avant de monter à l'étage.
   
Quand elle eut gravi les marches de l'escalier, mes jambes se dérobèrent sous moi et je tombai à genou, éclatant en sanglot. J'eus comme des vertiges. Tout s'effondrait ! Je perdais tout ! Absolument tout ! Roxane, Jack et Victor... Ils m'abandonnaient tous... Ma gorge se serra. Si je venais à les perdre tous les trois, sûr, je ne survivrais pas... Jamais je ne pourrais me relever.
   
Je vis deux pieds sous mes yeux. Lentement je relevai les yeux et tombai sur le visage de Jack qui me regardait sévèrement.
   
-  Debout, mon stupide enragé. Tu fais peur à voir...
   
Je n'eus pas le temps de même essayer de me relever que Jack m'attrapait par les cheveux pour me mettre debout.
   
-  J'ai dit debout !
   
Je n'eus pas le choix de lui obéir. Une fois que je pus tenir à peu près sur mes jambes, mon Sire me lâcha. La douleur de mon cuir chevelu – il faut dire que Jack a de la poigne – avait fait cesser mes larmes, bien que l'une d'elle coulait encore sur ma joue.
   
Je fixai un moment mon mentor puis remarquai qu'il avait deux valises à ses pieds.
 
-  Tu... Tu t'en vas ?
-  Question stupide, mon idiot d'enragé.
-  CESSE AVEC CA ! Hurlai-je.
   
Je n'en pouvais plus... Déjà que j'étais à cran, il fallait encore que ce salaud m'affuble de ce surnom que je ne supportai pas...
   
-  Non, je ne cesserai pas. Parce que c'est la vérité. Tu es un stupide enragé ! C'est toi qui a fait une grosse erreur et qui n'est pas capable de le comprendre ! Alors tant que tu n'auras pas réalisé la portée de ton crime, je continuerai à t'appeler ainsi.
-  Peut-être que si tu ne m'avais pas transformé, tout ceci ne serait pas arrivé...
   
Les mots étaient sorti tout seuls. J'avais eu soudain une furieuse envie de lui faire mal et de le blesser. Je lui en voulais ! Je lui en voulais qu'il fuît ! Je lui en voulais pour tout !
   
-  Pardon ? Dois-je comprendre que c'est ma faute ?
-  Parfaitement ! Si tu ne m'avais pas transformé, je n'aurais pas rencontré Victor et Roxane et moi ne serions pas en train de nous déchirer ! Si tu n'avais pas fait de moi un vampire, j'aurais été là pendant la grossesse de Roxane ! J'aurais pu poser mes mains sur son ventre, porter mon fils à sa naissance ! J'aurais pu protéger ma femme et Slovan de mon frère ! Roxane n'aurait pas été blessée et n'aurait pas été contrainte à braver la tempête ! Je n'aurais pas eu à la chercher pendant trois ans ! SANS TOI, TOUT CECI NE SERAIT PAS ARRIVE !

J'étais plus que furieux. J'étais enragé, pour reprendre Jack... J'étais dans une telle rage que mes yeux en brûlaient. J'en voulais à Jack, à Roxane, à tout ce qui m'entourait. J'avais envie de hurler, de frapper et de tout balancer !
   
Je n'eus pas le temps de faire quoi que ce soit que je reçus un coup magistral de la part de Jack. Je fus violemment projeté contre un meuble dont je reçus le bord dans le creux de mes reins, me faisant pousser un cri de douleur avant que je ne tombe au sol.
   
Je n'eus pas le temps de me remettre du choc que ma tête heurta le meuble avec violence. En vérité c'était Jack qui m'avait attrapé les cheveux et avait projeté ma tête contre la commode.
   
-  Espèce d'ingrat ! Hurla-t-il. Si je ne t'avais pas transformé, tu serais mort l'heure actuel ! Ce qui t'a sauvé c'est ta volonté de vivre !
-  Tu n'étais pas obligé de boire mon sang... Tu aurais pu prendre cette jeune femme que tu m'as forcé à tuer...
-  Si elle avait été là, je l'aurais fait. Et je ne serai pas venu sur la propriété de ta tante dans le but de me nourrir après cinquante ans de sommeil ! Et ne me rejette pas toute la faute ! On t'a répété inlassablement de ne pas transformer Victor ! Si tu nous avais écouté, tout ceci ne serait pas arrivé non plus !
   
Il s'écarta de moi afin de prendre ses valises. Cependant, Jack se retourna soudainement. Alors que je me levai péniblement, je pus voir que Roxane faisait face à Victor avec une lueur meurtrière dans le regard.
   
Il ne me fallut qu'une fraction de seconde pour savoir ce qu'elle comptait faire. Je me précipitai en utilisant ma vitesse de vampire afin d'éloigner Victor de Roxane. Quand à Jack, il était déjà en train de retenir Roxane en utilisant tout sa force de vampire pour la maîtriser.


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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Dim 19 Fév - 23:41

Je fixai Victor avec un regard haineux. Inévitablement, je sentait une transformation. Une transformation profonde, déchirante. Je ne cherchais pas à empêcher le monstre qui était en moi de sortir. Je n'en avais pas la force mais surtout, je désirais la même chose qu'elle. Le sang... Le sang de cette infamie qui se tenait devant moi avec un regard ahuri. Encore une seconde, une simple, une toute petite seconde... Et il serait mort. J'aurai son cœur dans le creux de ma main et je le réduirai en poussière. Je réduirai son corps en miettes. Se serait violent, sanglant, divin... Il était temps que je dévoile à ce chien ce qu'était un vampire, un vrai. Je voulus bondir sur lui mais je sentis qu'on m'en empêchait. De toutes mes forces je tentai un mouvement brusque afin de me dégager, mon visage encore fin et délicat, figé. Puis ce fut son tour...

Le vampire en moi pris le dessus. Il poussa un feulement et ce mit à émettre des grognements qui devinrent de plus en plus féroces. Bientôt ce fut des feulements qui sortirent de sa gorge puis enfin, des cris stridents. Il se débattait de toute sa vigueur et même Jack avait du mal à le retenir, ce vampire déchaîné. Etait-ce un spectacle auquel il avait déjà assisté, je n'en savais rien mais même moi, la plus jeune de ses infants lui donnait du mal à me contenir, un véritable mal. Les yeux de la créature devinrent rouge sang et les canines grandirent plus que d'habitude. Un nouveau cri, strident, aigu, fort sorti de sa gorge. Les ongles poussèrent un peu plus et elle ne fit que se débattre un peu plus encore. Nicolas faisait reculer Victor tandis que la créature en moi arrivait à faire avancer Jack. C'était endiablé, violent et effrayant. Les meubles volaient, la créature les lançaient, détruisant des vitres et des portes, essayant d'atteindre Nicolas qui l'empêchait d'atteindre son but. Elle mordait et griffait inlassablement Jack dont les bras étaient en sang et ouvert parfois jusqu'à l'os tant les coups de griffes s'étaient suivis, implacables, continuait à maintenir ce démon de toutes les forces dont il était capable.

Et ce fut le trou noir, sans que moi où la créature qui m'occupait ne puissions y faire quoi que se soit.

Lorsque je me réveillai, j'étais dans mon cercueil. Faisait-il jour ? Faisait-il nuit ? Je n'en savais fichtre rien et peu m'importait. Ma mémoire me revenait. Jack était parti je le savais. Quant aux deux autres idiots avec lesquels je devais vivre à présent, j'ignorais s'ils dormaient où étaient là. Quoiqu'il en soit j'allais devoir faire avec eux. J'entre ouvris le cercueil... Il faisait nuit. Dans la maison, pas un bruit, si ce n'est les domestiques qui se préparaient pour commencer leur journée. L'aube approchait. Je sortis calmement. Quand je descendis dans le salon, tout avait été rangé. Combien de temps avais je été dans le noir ? Un journal sur la table m'indiqua la réponse. Deux jours...
J'entrai dans la chambre qu'occupait Nicolas. Il dormait déjà. Je ne le touchai pas et ne déposai sur lui aucun regard tendre ou empli d'amour. Juste, du vide, et du froid. Je refermai le cercueil. Je sortis de la pièce et refermai soigneusement la porte. Inutile de le tuer maintenant.
Je retournai dans ma chambre avec la ferme intention de voir le soleil se lever, quitte à ce que cela me brûle la peau. J'avais simplement besoin de voir l'astre de lumière et sa chaleur.
J'ouvris un peu la fenêtre et légèrement le volet. Inutile de me tuer. J'observai la lumière du matin, sentant a peau commencer à brûler. Qu'importe, mes yeux restait figé sur le soleil. Ce ne fut que lorsque la douleur devint insupportable et que ma vie fut sérieusement mise en danger que je retournai dans mon cercueil.

J'en sortis avant tout le monde et enfilai ma cape. Après m'être nourrie je me rendis au port et cherchai une embarcation en mesure de m'emmener loin de cette ville maudite, de mon époux et de son crétin d'infant dégénéré. J'en trouvai enfin un à ma convenance.

-Vous désirez donc une cabine, pour deux personnes ?
-Oui, c'est ça.
-Très bien... Nous partons demain soir à minuit. Ne soyez pas en retard surtout, autrement le bateau partira sans vous.
-Entendu.

Demain... C'était notre anniversaire de mariage. J'entrai dans une boutique et regardai un peu autour de moi. Mais non, je n'avais envie de faire aucun cadeau, aucune reconnaissance. Pas cette année. Y'en aurait il seulement d'autre ?
Je sortis du magasin et rentrai dans cette demeure que je détestais tant. Je ne fis même pas attention à Victor, tant mon cœur était serré et préoccupé par ce que je venais de faire. Nicolas était debout, semblant prêt à agir en cas d'attaque mais je ne fis rien. Je le regardai, épuisée et m'assit sur un fauteuil en observant le feu. Les larmes me montaient aux yeux. Une main devant les lèvres je les laissai s'échapper. Mon mari vint vers moi dans le but de me consoler. Je voulus le laisser faire mais l'odeur de Victor était sur lui. L'idée qu'ils puissent être l'un à côté de l'autre me dégoûtait. Il allait me toucher avec ses doigts qui avaient sûrement un jour ou l'autre caresser le visage de Victor. Je levai la main que j'avais devant la bouche :

-Ne me.... Touches surtout pas
.


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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Dim 19 Fév - 23:47


Tandis que je faisais reculer Victor et le faisais partir, je constatai avec stupeur la transformation de Roxane, la femme que j'aimais tant. Elle n'était plus elle-même. A la place se trouvait le vampire sanguinaire que Jack avait fait d'elle. Jamais encore je ne l'avais vu ainsi. Jamais elle ne m'avait tant fait peur.
   
Alors que je poussais mon Infant et l'incitait à quitter la maison, je vis Roxane griffer et mordre les bras de Jack jusqu'à l'os. Je fus sidéré que celui-ci grimace à peine alors que le sang coulait à flot sur le sol. Roxane s'acharnait à tel point que le corps de mon Sire n'avait pas le temps de se cicatriser. Jusqu'à ce que d'un geste rapide, il lève un bras et assomment ma femme qui s'effondra sur le sol, ses blessures s'effaçant enfin.
   
Je restai planté sans bouger, fixant le corps de ma Sauvage inerte. J'ignorais totalement le regard de Jack posé sur moi. Je ne savais comment réagir face à ce que j'avais vu. Voir ainsi Roxane m'avait énormément secoué.
 
- Va mettre Roxane dans son cercueil !
   
La voix de mon Sire me réveilla. Le ton était dur et sec, n'admettant aucune contradiction. Je savais qu'il valait mieux pour moi d'obéir quand il me parlait ainsi. La dernière fois que j'avais eu l'audace de répondre ou de protester, je m'étais retrouvé enfer dans un pièce, en tel manque de sang que mon corps entier brûlait.
   
Je m'approchai et pris délicatement ma femme, la serrant fermement contre mon torse. J'en profitai pour humer son odeur si particulière. Cette odeur qui me comblait toujours et qui faisait battre mon cœur. Je profitai également du contact de son corps contre le mien. J'avais presque oublié à quel point il était doux et envoûtant.
   
Lentement, je montai une à une les marches avec lenteur, retardant le moment où je devrais la déposer. Je contemplai son visage, les traits parfaits qui le composaient. Bien que ses yeux fussent fermés, j'arrivais à voir leur couleur si bleue ainsi que l'amour qui y brillait avant.
   
Malheureusement, j'arrivai bien trop vite à mon goût dans sa chambre. Je n'eus pas d'autre choix de l'allonger dans le cercueil. Je restai un instant penché au-dessus d'elle, me repaissant du spectacle de son être. Si belle ! Si parfaite !
   
Et ses lèvres ! Si fines et si tendres ! Elles me semblaient si délicieuses ! Je fis glisser un doigt, dessinant leur forme et constatant avec délice leur perfection. Comme à chaque fois, j'étais sidéré par leur volupté. Alors que mon index savourait leur saveur, je revoyais les fois où je les embrassais continuellement, les dévorant.
   
Une larme s'échappa. Roxane me manquait tellement. Je la voulais toujours. Je voulais qu'elle me revienne. Mais je savais quel en était le prix : chasser Victor. Mais j'en étais incapable. Comment pourrais-je jeter dehors un être que j'aimais ? Je ne pouvais choisir.
   
Ne pouvant me retenir davantage, j'approchai mon visage du sien et posait un délicat baiser sur ses lèvres si tentatrices. Je fis de même sur son front avant de caressant doucement son visage.

   -  Je t'aime, ma Roxane.



Deux jours passèrent ainsi. Roxane resta inconsciente. Quant à Jack... Il partit le lendemain. Je ne fis rien pour le retenir... De toute manière, il n'avait rien de mieux à faire...
Le deuxième jour, je vis que le cercueil était vide. Si sur le moment, cela m'inquiéta, je sus qu'elle avait dû sortir alors que Victor et moi dormions encore. Et je savais qu'elle reviendrait. Elle ne pouvait que revenir, pas vrai ?
   
J'attendis donc, patiemment. Même si elle mit du temps pour rentrer. Je restai malgré tout sur mes gardes quand je la vis franchir la porte de la maison. Mais elle allait simplement s'asseoir sur le canapé, face à la cheminée.
   
Je remarquai que des larmes coulaient le long de ses joues. J'en eus le cœur serré. Et j'ignorai que faire pour les sécher. Maladroitement, je m'approchai d'elle dans le but de poser une main sur elle mais elle me repoussa vivement. Cela ne me surprit pas. En vérité, je m'y étais attendu. Sans doute était-ce la raison pour laquelle son rejet me fit moins mal que je ne l'avais pensé.
   
Je m'éloignai d'elle, sans un mot, pour m'asseoir sur un des fauteuils, un livre en main.


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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Lun 20 Fév - 0:07

Je restais assise ne le regardant même pas. Si j'avais été humaine, mon corps aurait été pris d'une respiration rapide et énervée. Un simple feulement sortit d'entre mes lèvres. Epuisée, je mis ma tête en arrière. A quoi tout cela allait-il mener ? Je me redressai en regardant le feu dans la cheminée. J'avais une envie incroyable de prendre une des braises, de mettre une de mes mains dedans afin que la douleur physique me fasse oublier la douleur qui régnait dans mon cœur à la place de Nicolas. Je lui jetai un regard et tentai de me concentrer. Que me restait-il ? Que me restait-il de cet amour ? Chagan était de mon côté. Je lui avais tout raconté. Aussi bien les torts de mon époux que les miens. Mais il restait de mon avis. Jack aussi... Mon Sire qui était loin à présent.

Je fermai un instant les yeux, me remémorant les événements de ma partie de chasse. On m'avait regardé avec intensité. Pourquoi m'avait-on regardé ? Pourquoi cette intensité dans ses regards ? Etais-je si horrible que cela se reflétait sur mon visage ? La Roxane que j'avais été disparaissait peu à peu et cela me donnait une envie de tout casser, de briser tout ce que je pouvais avoir en main. Nicolas pourrait peut être me répondre, peut être qu'il était encore assez sincère envers moi pour me répondre.

-Nicolas ? Est-ce que je suis belle ?

Je le regardait dans les yeux. Les miens ne reflétaient plus que l'ignorance. Je ne savais même plus si j'avais été désirable un jour. Puis avant même qu'il eut le temps de répondre, je me levai pour me placer devant la cheminée. Le feu me tentait terriblement. Ce fut certainement pour ça que j'y mis la main. Je pris une braise dans ma paume avec rapidité la serrant avec force. Je gémis de douleur mais laissai mon point fermé. Avant que mon mari ne puisse faire un seul geste, je rejetai la braise dans le feu.

-Nicolas... Mon Amour... partons... Partons quelques temps... J'ai pris des billets pour une petite croisière... Vient avec moi mon amour... S'il te plaît...

Je me jetai contre lui, l'enlaçant. Je le poussai sur le canapé, me plaçant sur lui.

-Je t'en prie...

Mes lèvres se collèrent aux siennes avec force. Des larmes coulaient sur mon visage. Mon corps se blottit contre le sien, attendant les caresses et les baisers. Il devait accepter ou tous les derniers espoirs que je portais en lui s'évanouiraient.

-Prends moi... Prends moi Nicolas...

A nouveau mes lèvres se posèrent avec force sur les siennes.

-Viens avec moi, j'ai besoin de nous.... J'ai besoin de nous mon amour...


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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Lun 20 Fév - 0:11


Bien que je m'efforçais de lire, les mots inscrits se succédaient sans que j'en saisisse le sens. A peine avais-je lu une phrase qu'elle s'effaçait de ma mémoire et m'obligeait de ce fait à la reprendre. Je me sentais trop en ébullition pour poursuivre ma lecture. Par-dessus mon livre, j'observai Roxane du coin de l’œil. Elle demeurait assise, face à la cheminé où crépitait un feu doux dont la chaleur me parvenait comme une caresse.
   
Roxane ne bougeait pas et semblait se perdre dans ses pensées tout en fixant les braises rougeoyantes. Pensées dont je bloquais l'accès à mon esprit comme je l'avais toujours fait afin de lui laisser son intimité par respect pour elle mais aussi parce que je lui faisais totalement confiance. Et c'est pour la même raison que je lui laissais l'entrée à mes propres pensées. Je n'avais rien à lui cacher et je ne lui avais jamais menti. De toute façon, elle me connaissait assez pour le voir.
   
A la voir aussi abattue et désespéré, j'aurais voulu me relever et la prendre contre moi et ce malgré son refus de tout à l'heure. Mais je doutais que ce fusse la chose à faire pour la réconforter à l'heure actuelle. Je constituais la source de son mal. Elle m'en voulait affreusement pour une chose que je ne comprenais pas totalement. Le mieux que je pusse faire restait de me mettre à l'écart et de garder mes distances le temps qu'elle se calme. Du moins... si elle se calme un jour. Je commençais sérieusement à avoir de gros doutes.
   
- Nicolas ? Est-ce que je suis belle ?
   
La question me laissa effaré. Comment Elle, ma Roxane, ma Sauvage, peut-elle demander une chose pareille ? Jamais je n'aurais pensé que de tels mots puissent sortir de sa bouche abritant sa langue acérée. Le pire était la sincérité qui en découlait. Elle doutait réellement d'elle-même et de sa beauté alors qu'elle en avait toujours été si sûre et s'en prévalait avec la fierté et l'arrogance d'une divinité. Roxane avait toujours été l'image de l'assurance et de la confiance en soi à son paroxysme au même titre que moi. Mais aujourd'hui, elle ne savait plus. Elle avait perdu sa hardiesse, son cœur et le feu qui avait toujours brûlé en elle. Une douleur lancinante survint au plus profond de ma poitrine. Comme si une dague venait fourrager ma chair, mes poumons, la pompe de mon corps. Si j'avais encore été humain, ma respiration se serait bloquée sous le coup de la douleur.
   
Un cri douloureux voulut sortir. Je le sentais au fond de ma gorge mais il restait coincé, incapable de franchir la barrière de mes lèvres. Je voulais lui hurler mon amour pour elle, lui rendre ce qu'elle avait perdu, lui faire voir à nouveau sa beauté. Je désirais lui dire à quel point elle était magnifique, que sa splendeur n'avait rien d'aucune autre. Mais rien ne sortait. Ma voix semblait s'être envolée en même temps que Roxane avait posé sa question désespérée.
   
J'ignore si elle vit tout cela dans mon regard mais probablement pas. Même si elle m'avait regardé droit dans les yeux, elle avait si vite détourné le visage qu'elle n'avait pas dû voir grand-chose de mon effarement. Déjà, elle se tenait debout, devant la cheminée et me tournant le dos. Et sans que je m'y attende, elle prit vivement une des braises au creux de sa main. L'odeur de chair brûlée me sauta violemment au nez alors que je voyais un peu de fumée s'échapper d'entre ses doigts.
   
-  Roxane ! m'écriai-je en me levant d'un bond pour me précipiter vers elle.
   
Mais en arrivant à ses côtés, elle avait déjà lâché le charbon ardent et sa paume commençait déjà à cicatriser. D'un geste caressant, mes pouces caressèrent sa chair à vif comme pour faire en sorte qu'elle guérisse plus rapidement. Je levai les yeux vers elle sans rien, souffrant de la voir dans cet état. Je lâchai doucement sa main, malheureux.
   
-  Nicolas... Mon Amour... partons... Partons quelques temps... J'ai pris des billets pour une petite croisière... Vient avec moi mon amour... S'il te plaît...
   
Je me figeai. Mais elle n'eut pas le temps de le constater car déjà elle se jetait sur moi pour m'enlacer et poursuivre ses supplications. Ayant sérieusement besoin d'elle, je la serrai contre moi, retenant des larmes, et me laissai pousser jusqu'au canapé où elle prit place sur moi. Ses baisers de désespoir firent céder mes dernières barrières. Des sillons rouges apparurent sur mes joues alors que ma bouche se pressait contre celle de Roxane avec l'énergie du désespoir. Je suçai sa lèvre inférieure tel un affamé avant de forcer un passage avec ma langue pour me lier à la sienne.
   
Dieu, que je l'aimais ! Si elle savait jusqu'à quel point ! Si elle savait à quel point je la voulais. Mais cette fois, c'était différent. Notre baiser était différent. Il n'était que souffrance, détresse, haine. Toute cette passion, cette fusion et cette force avait comme disparu et il n'en restait qu'une simple goutte qui risquait de s'échapper à jamais au moindre faux pas. Et ce faux pas, j'allais immanquablement le faire.
   
Je voulais partir avec elle, retrouver notre amour envolé. Je le désirai à en avoir les entrailles brûlées. Tout en moi y aspirait. Roxane me manquait. Et c'est ce que mes réponses à ses baisers lui disaient. Mais comment lui dire que je ne pouvais pas accéder à son désir que je partageai ? Comment lui expliquer... que laisser seul Victor m'était impossible ? Il ne possédait encore aucune expérience, aucune maîtrise de sa nature de vampire. Et cet idiot, à force de boire du sang d'animaux, aspirait d'autant plus au sang humain et résistait encore moins bien à la tentation. Il serait capable de s'attaquer à l'un d'entre eux stupidement à cause de la soif et nous attirer des ennuis. Le risque s'avérait trop grand pour que je le laisse seul. Et étant son Sire, j'en étais responsable.
   
Mais comment faire accepter cela à Roxane ? Impossible... Si je refuse ce qu'elle me demande, elle... Non ! N'y songe même pas ! Elle ne ferait pas ça... Elle t'aime tout comme tu l'aimes...Alors il n'y avait aucun souci, pas vrai ? Et pourtant...
   
Je mis fin à notre baiser et la regardai avec des yeux imbibés de sang. Des gouttes en coulaient abondamment et silencieusement tandis que je me forçai à commettre l'irréversible.
   
-  Je... Je ne peux pas... même si j'en meurs d'envie... je ne peux pas.


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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Lun 20 Fév - 0:18

-Tu... Ne peux pas ?

Les mots me firent un choc, un choc bien loin de ce que je pouvais imaginer, même avec tout ce que j'avais vécu ces derniers jours. Il favorisait Victor à moi, ne serait-ce que pour quelques jours ? Seulement quelques jours ? Qu'avais je donc fait de si repoussant pour qu'il le préfère à moi ? Oui qu'avais je donc fait pour qu'il me haïsse à ce point ?

-Que... Qu'est-ce que je t'ai fais pour que tu me détestes à ce point ? Tu ne m'aimes plus c'est ça ? Tu es tombé amoureux de lui, et moi... Tu fais tout pour que je parte ? Ou alors tu me trompes déjà avec lui... Je ne suis pas aussi belle que lui, c'est ce que tu veux dire... Tu le préfères... Tu préfères ce chien à moi, ta femme.


Mes genoux se dérobèrent pour me laisser tomber sur le sol.

-Pourquoi... Qu'est-ce qu'il a de plus que moi ? Tu n'es pas capable de choisir entre lui et moi... Ca veut dire que tu le préfères. Alors que tu sais ce que ça fait de l'avoir ici dans cette maison. Je déteste la Nouvelles Orléans ! Je la déteste ! Elle est aussi pourrie que ton Victor à la con.

S'en était de trop pour moi. Je ne l'intéressais plus assez pour qu'il me préfère à Victor. Oh Jack comme j'aimerais que tu sois là. J'aurai du partir avec moi. Toi au moins tu m'aimes vraiment, même si ce n'est qu'entant qu'infante. Pourquoi Nicolas est-il si proche de Victor ?

-Tu ne peux pas... Même pour quelques jours... tu me hais donc à ce point ? Je pensais que je te plaisais... Je pensais que tu m'aimais. Mais en fait, c'est comme pour toutes les autres... Tu ne m'as aimé que parce que j'ai eu Slovan... Tu as tué Roxane. Regarde moi... Je ne suis plus qu'une loque. Mais ça devait être ce que tu voulais depuis le début.

La rage me monta à la gorge, j'avais envie de la laisser hurler, de la laisser tout dévaster.

-Pourquoi tu ne l'enfermes pas alors ? Comme Jack faisait ? Ce n'est qu'un idiot ton putain de vampire. Il devrait disparaître à jamais. Il n'aurait pas du venir ici, dans cette maison. Mais c'est toi qui la ramené ! Toi qui ne comprend rien à rien. Tu sais pourquoi Jack est parti ? Et pourquoi je vais le faire à mon tour ? Tu le sais ? Parce que tu nous a trahi. Tu ne nous a pas écouté, tu nous as imposé ce crétin qui ne voulait que mourir. Mais toi et ton égoïsme l'avez transformer. Tu n'est qu'un salaud, un vulgaire salaud. Victor n'était pas fait pour  être vampire ! On te l'a dit mais non toi tu as cru qu'on allait l'accepter comme l'un des nôtres, qu'on allait l'aimer le plus simplement du monde. Espèce d'idiot. Tu aurais du l'enfermer dans un cercueil ces quelques jours où on aurait pu se retrouver mais non tu préfères le laisser faire des bêtises et ruiner notre couple, dévaster tout ce qu'on était ! Pourquoi autrement que parce que tu l'aimes plus que moi ?! Il te déteste pauvre crétin ! Tout le monde te déteste ! J'ai essayé de nous sauver Nicolas, tu ne pourras pas me le reprocher mais à présent je pense être en trop n'est-ce pas ? Oui je vais te laisser vivre ton grand amour avec ce bouffeur de rats. Tu n'as plus besoin de moi. Et ne t'en fais pas... Je te remplacerai vite. Tu es une telle déception !

Je me redressai. La seule et unique chose qui m'animait et me permettait de bouger et parler était cette haine. Je lui en voulais oh oui je lui en voulais. Pourquoi me faisait-il souffrir ainsi. Je n'en avais pas besoin.

-Je m'apprête à te laisser Nicolas. Ne feras-tu donc rien pour me garder. Vas-tu donner raison à ce que je viens de dire ? Dans quelques secondes Nicolas... Je m'en vais pour ne jamais revenir si tu ne me retiens pas.


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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Lun 20 Fév - 0:23


Le sol se déroba sous moi. J'avais l'impression de sombrer dans un gouffre sans fond. Je tombais et tombais dans des ténèbres bien plus noires que la nuit. Elles m'enveloppaient pour me posséder et m'engloutir comme un suceur avide. Elles m'avaient élu leur prisonnier attitré et j'étais incapable de lutter contre. Elles s'insinuaient même en moi pour m'étouffer et me ravager de l'intérieur. J'étais aspiré par leur force destructrice et rien ne pouvait plus me sauver de cette attraction. Hormis Roxane. Elle-seule en avait la capacité.
   
Or, c'était justement elle qui avait déclenché ce phénomène. C'était elle qui avait lancé contre moi ces ténèbres par l'intermédiaire de ses mots semblables à des poignards. Chacun d'entre eux qu'elle avait prononcé se fichaient douloureusement dans mon cœur pour le réduire en charpie. Déchiré et brisé, voilà à quoi mon organe vital, qui pourtant ne battait plus, ressemblait à présent. En regardant Roxane, l'image d'une psychopathe s'imposa à moi. Une psychopathe s'acharnant avec un malin plaisir sur sa victime. A savoir moi. Chacune de ses paroles me transperçaient comme un millier d'épines. Je me sentais totalement anéanti par la haine qu'elle me crachait au visage, par sa douleur, son désespoir. Mes larmes ne parvinrent même plus à couler.
   
Le pire fut la référence à Slovan. Comment pouvait-elle penser un seul instant que je n'étais resté avec elle uniquement pour lui ? Comment pouvait-elle croire que je ne l'ai jamais aimé, que je l'ai prise pour une simple reproductrice ? Je ne l'ai jamais prise comme toutes les autres. Jamais ! Comme l'idée osait-elle simplement l'effleurer ? Comment osait-elle... ? Je l'ai aimée sincèrement et aussi fort qu'il est possible d'aimer. Et il en sera toujours ainsi. Jamais cet amour que j'éprouve pour elle ne s'estompera. A aucun moment.
   
Et pourquoi ne comprenait-elle pas ma réponse ? N'avait-elle pas su voir mon désir affreux de partir avec elle pour retrouver notre couple ? Je ne pouvais tout bonnement pas laisser Victor. Il est trop jeune, trop inexpérimenté. Quant à l'enfermer comme l'avait fait Jack avec moi... Jamais ! Je n'étais pas Jack et ne souhaitais à personne de goûter les punitions de mon Sire... Roxane n'a pas connu ça. Sans doute est-ce la raison de son manque de compréhension à ce sujet... Et quand Jack m'enfermait, il ne partait pas. Ou alors seulement un court instant. Quelques heures, tout au plus. Jamais il ne m'emprisonna et me laissa seul pendant des semaines. L'idée de Roxane n'avait donc aucune valeur.
   
Elle m'avait blessé. Profondément blessé. J'aurais tant aimé m'expliquer, lui dire que je ne pouvais enfermer Victor pour les raisons évoquées plus haut. Mais aucun son ne sortait. Ma voix restait bloquée malgré moi au fond de ma gorge. Et je crois qu'il valait mieux qu'il en soit ainsi. Elle aurait trouvé une réplique pour contrecarrer mes justifications et ça aurait empiré la situation. Alors je me taisais, un regard dans le vide et évitant celui de Roxane. La toute première fois que cela m'arrivait. Jamais je n'avais fui ses yeux de saphir. Et pourtant, aujourd'hui, je le faisais. Je ne voulais pas affronter sa haine qui y brûlait. Je n'en possédais plus le courage ni la force. Je me sentais vidé et fatigué. Incroyablement fatigué. Comme si ce siècle à peine passé s'alourdissait soudainement sur mes épaules. Je m'étais comme transformé en un vieillard aigri.
   
Tout mon corps s'amollissait et s'affaissait sur lui-même et mon esprit commença à partir dans le vide. Je ne voyais plus rien. Je n'entendais plus rien. Je ne sentais plus rien. Je ne me trouvais plus dans le salon. Il n'y avait plus Roxane. Ni Victor. Plus rien. Juste un vide aussi infini que l'univers.
   
Jusqu'à ce que...
   
-  Je m'en vais pour ne jamais revenir si tu ne me retiens pas.
- Quoi ?!
   
La phrase eut l'effet d'une douche froide et le don de me ramener à la réalité. Et le pire c'est qu'elle la répéta pour m'assurer du sérieux de ses dires.
   
Non... Ce n'était pas possible. Roxane n'allait pas... Pourquoi ? Que... ? Qu'est-ce que... ? Non ! Elle ne me ferait pas ça... Elle en était incapable, pas vrai ? Elle ne m'abandonnerait pas... Pas Roxane ! Impossible...
   
Et pourtant... Le sérieux de sa voix ne laissait aucun doute. Elle me quittait.
   
- Non... fis-je d'une voix étouffée. Non... Tu... Tu ne peux pas...

… M'abandonner à mon sort.

   Ces mots moururent dans ma gorge et n'en sortirent jamais.
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Roxane Lucini

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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Lun 20 Fév - 23:23

Trop énervée je n'écoutai pas Nicolas. Ses paroles résonnèrent en moi de manière creuse. Je lui en voulais trop. Préférer Victor, même par non dit, je n'en pouvais plus. J'avais envie de tout brûler, tout détruire, cette rage consumait tout mon corps, la moindre parcelle. Il fallait que je reste concentrée pour partir, le temps que j'avais encore cette fort destructrice en mesure de me faire avancer. Dans mon esprit tout se mettait clairement en place. Etape par étape. Monter les escaliers. Entrer dans ma chambre. Prendre la valise dans l'armoire de gauche, l'ouvrir. Jeter dedans et rapidement toutes les affaires les plus utiles. Prendre des objets précieux. Non. Mon esprit se stoppa. La plupart des objets de valeur que je possédais actuellement étaient des cadeaux de Nicolas. Il ne me fallait pas de souvenir de lui, pas si je voulais avoir la chance de survivre. J'allais souffrir et j'allais devoir me battre contre moi même de toue ma volonté pour ne pas revenir ici. Avoir des cadeaux de mon mari n'était pas une solution loin de là. Le strict nécessaire, simplement.

Comme un automate, mon corps mort s'anima et monta en haut des escaliers pour s'avancer jusqu'à la chambre. Mes mains ouvrirent la poignée et je mis un point d'honneur à laisser mes yeux se poser uniquement sur les objets que j'allais emmener et rien d'autre. Je ne devais pas penser non plus à la possibilité que Nicolas me rejoigne dans la chambre. Il fallait que je reste la plus concentrée possible afin de pouvoir m'en aller. Ne pas penser à ses mains qui pourraient se poser sur moi et me serrer dans ses bras, à ses lèvres frôlant mon visage et à son corps menant le mien avec une facilité déconcertante sur le sol et où je ne pourrais jamais avoir la force de le repousser et à nouveau lui appartenir.

Allez Roxane ! Pense à Victor qui sera toujours là.

Cette simple pensée me permis d'accélérer le mouvement et oublier tout le reste. La fureur était revenue plus vite que je ne l'aurais pensé et elle recommença à me consummer. Partir.... Tout de suite...
Mes mains appuyèrent sur la valise qui se referma et je la pris dans les mains pour descendre au rez-de-chaussée. Je mis ma cape et posai mes doigts sur mon alliance. Il fallait que je la retire. Il fallait que ce choix soit définitif afin que je ne revienne pas sur mes pas. Mes yeux se plantèrent droit sur la porte, incapables de soutenir cette image et je sentis mon cœur mort se briser. Je me haïssais, je le haïssais, et je haïssais Victor. Ce soir était sensé être notre anniversaire de mariage. Une larme vint perler au coin de mon œil. Je serrai main main où je pouvais sentir le poids si léger de ma bague. Je ne l'avais jamais retiré depuis le mariage et je me sentis totalement nue et vulnérable, comme si je laissais la moitié de mon être s'échapper.
Je m'avançai vers Nicolas et délicatement, je pris sa main dans la mienne pour y renverser mon alliance et refermer ses doigts dessus.

-Adieu Nicolas...


Je voulus déposer mes lèvres sur sa joue mais mon corps se braqua et je lui cédai. Mes yeux se fermèrent douloureusement et je lui tournai le dos pour reprendre ma valise.
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Nicolas de Merville
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MessageSujet: Re: Trahison et déception   Mar 21 Fév - 1:15

Je restais planté où j’étais, trop choqué par ce qui se passait. Je n’eus pas conscience que Roxane montait les marches de l’escalier pour rejoindre sa chambre. Immobile, je fixais un point invisible d’un air hébété.
Je me sentais perdu, abandonné. Plus rien n’avait de sens. J’avais l’impression de sombrer dans un abime sans fond dans lequel les ténèbres m’enveloppaient pour m’engloutir tout entier. Je n’avais plus aucun repère, plus rien à m’accrocher. Je n’avais plus conscience de rien, mis à part cette affreuse douleur dans ma poitrine. Tout on monde s’effondrait comme un château de carte.
Mon corps tremblait, ma gorge était sèche et des larmes menaçaient de couler.
Et soudain, sans savoir pourquoi, j’eus comme une décharge qui me ramena à la réalité. Roxane n’était plus face à moi. Je l’entendais s’affairer à l’étage. Comme monter sur des ressors, je m’y précipitai. Roxane fermait déjà sa valise. A plusieurs, endroit, je remarquais que des objets manquaient, étrangement peu nombreux. Dans l’armoire encore ouverte, seuls quelques vêtements avaient disparus, mais la grande majorité demeurait.

- Roxane, murmurai-je d’une voix faible.

Mais elle ne m’écoutait pas. Elle se contenta de prendre sa valise en évitant soigneusement de regarder dans ma direction, passa à côté de moi et descendit. Je tentais de la prendre par le poignet mais elle m’esquiva. Désespéré, je la suivis.

- Roxane, je t’en prie !

Je n’avais encore jamais supplié qui que ce soit jusqu’à présent. Jamais. Or, aujourd’hui, je l’avais fait d’une façon si naturelle et désespérée. Le constater me donna la nausée. Mais si je ne le faisais pas, Roxane s’en irait. Si je ne la retenais pas… Une nouvelle fois, alors qu’elle mettait sa cape, je tentais de lui prendre le poignet. Et encore, elle m’en empêcha.
Cependant, elle s’arrêta juste devant la porte. Pendant un instant, je crus qu’elle changeait d’avis. Elle resta un instant ainsi, immobile, ses doigts jouant sur son alliance. Puis elle retourna, toujours en évitant mon regard, prit ma main et… déposa l’alliance dans ma paume avant de refermer mes doigts dessus.

- Adieu Nicolas...


J’eus comme une absence. Pendant quelques secondes, ce fut comme si mon âme avait quitté mon corps pour que je devienne une coquille vide. Où étais-je ? Qui étais-je ? Pourquoi étais-je devant cette entrée ? Je l’ignorais. Je ne savais plus rien. Plus rien n’avait d’importance.
Ma conscience revint presque comme un boulet de canon quand le bruit de la porte se refermant claqua dans l’air comme une sentence. Mes jambes se dérobèrent sous moi et je me retrouvai à genoux, ma main tenant toujours l’alliance. Mes larmes s’échappèrent, dessinant des sillons rouges sur mes joues pâles. Un grognement s’échappait doucement de ma gorge puis montait en crescendo pour se transformer en un hurlement.

- ROXANE !
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